L’oeuvre de Montherlant a été occultée... Il a été un « monstre sacré » de la littérature française du 20ème siècle, mondialement connu, avec sa Ville (dont le prince est un enfant), jouée plus de mille fois en quatre ans, en France et ailleurs, et sa Reine Morte, immortelle ! Mais «beaucoup de vie a coulé» (citation tirée de Fils de personne) depuis l’équinoxe d’automne de 1972, où M. Henry Millon de Montherlant a quitté, volontairement et à la date choisie, ce monde dont il voulait se protéger, et qui le comprenait si peu, ne parvenant pas à cerner le personnage, pour aller rejoindre les muses avec lesquelles il avait rendez-vous... Journaliste sportif et poète, essayiste, romancier, dramaturge, torero et académicien (presque) malgré lui, adulé par les uns, haï par les autres ; l’auteur de Fils de personne avait cru voir en l’idéologie nazie la résurrection d’un ordre antique et du culte de la beauté... ; cela lui a été sévèrement reproché ; cependant - car cet homme était un être libre et indépendant, non « étiquetable » -,  sollicité par le Maréchal Pétain pour s’occuper des chantiers de jeunesse, il en a refusé la direction ; invité par l’Allemagne nazie pour un cycle de conférences, il a décliné l’offre ; à la même époque, il usait de sa notoriété pour faire sortir de prison une institutrice qui ne se pliait pas, dans sa classe, aux consignes pétainistes... ; il a toujours dénoncé les idées préconçues, les hypocrisies culturelles, l’arrivisme, la politique à laquelle il n’a jamais voulu se mêler bien qu’on y voulait le compromettre... Ce charisme exceptionnel et unique en son genre (c’est pourquoi, je pense, on le fait demeurer dans l’oubli - ces écrits sont encore dérangeants et culpabilisants pour les meneurs du monde et bien des intellectuels), on le retrouve dans les répliques de Fils de personne, mais avec des mots « de tous les jours », des mots de grands que les enfants sont capables de comprendre...