Theatreaucoeur

Écrire, opiner, discuter théâtre... Défendre un "autre théâtre" que le "tout-contemporain". C'est à contre-courant, c'est "ringard", c'est mal vu, c'est mal lu, mais ça existe l'autre théâtre! Promouvoir et défendre l’œuvre dramaturgique de Henry de Montherlant, sa littérature...Défendre son œuvre et l'homme, c'est défendre la liberté de ne pas être étiquetable, de reconnaître ses dualités, de crier (écrire) tout haut ce que bien des gens pensent tout bas... Causer de littérature en tout genre et de ses produits "dérivés", de cinéma et un peu de télévision... C'est aussi un support médiatique pour les activités d'une compagnie théâtrale besogneuse de province. Les notes critiques de ce blog n'engagent que leur auteur (qui signe GF) et non pas l'association Compagnie Gérard F

samedi, mai 8 2010

Montherlant à domicile ! avec Fils de personne...

Fils de personne (Montherlant - 1943), le nouveau spectacle théâtral de la Compagnie Gérard F

réunissant 4 comédiens dont un enfant, peut être présenté en théâtre à domicile (petite salle chez un particulier, une association, ou dans un grand salon...) devant un public familial (à partir de 10 ans). Il peut être joué avec un plateau artistique réduit à deux comédiens (un adulte et un enfant), les scènes occultées étant alors résumées d'une manière vivante...

« Un enfant est sacrifié par son père à une certaine idée que celui-ci se fait de "l'homme" (...), et par sa mère à un certain besoin que celle-ci a de "l'homme" (...): comme dans la dernière strophe de la complainte, c'est le petit mousse qui est dévoré (...)» (note de théâtre de HM)

GEORGES - Alors, c’est vrai, tu veux rentrer à Paris?
GILLOU - Mais non, je ne veux pas! C’est maman qui dit ça!
GEORGES - Enfin, à elle tu dis que tu veux rentrer à Paris, et à moi que tu ne veux pas. Je reconnais là ton petit art et tes innocentes roueries: complice avec moi contre ta mère, complice avec ta mère contre moi.
GILLOU - Moi, Paris ou Cannes, je m’en fiche. A Paris j’ai mes copains, mais ici il y a le soleil. Alors, l’un ou l’autre… (Acte I scène 3)

Détails et galerie photos sur le site http://compagnie.gerard.f.free.fr/index.php

Ce spectacle était présent en Avignon (Festival Off)en juillet 2009
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Les Fausses confidences : Arditti-Marivaux mieux que ça !

LES FAUSSES CONFIDENCES :

Arditti-Marivaux mieux que ça !

Je ne manque pas une occasion, sur ce blog, d’écrire haut et fort à quel point je me délecte à regarder, à entendre, à voir jouer le grandissime acteur qu’est Pierre ARDITTI - sans doute l’un des plus talentueux et charismatiques comédiens français de ces jours…

Je me suis donc placé devant la petite lucarne, ce 30 mars, sur France2, certain d’assister au meilleur d’Arditti, mais soupçonneux quant à la réalité de la magnificence du spectacle en lui-même. Evidemment, la presse, séduite par l’affiche et le prestige de la production, « vendait » complaisamment, en amont, la diffusion de la chaîne publique en nous annonçant le nirväna.

Le spectateur ( = l’audience) n’a pas suivi… Doit-on s’en étonner ?

Si toutefois une part « du marché » s’est aventuré - d’aventure -, sur cette scène là, si cette « part du marché » l’a fait par curiosité, avec ouverture d’esprit, il ne m’étonnerait point qu’elle hésite à réitérer l’expérience.  Pourquoi cela ? Outre que le texte de Marivaux, ou plutôt ses « scénarios », ne sont guère au goût du jour, la scénographie, la mise en scène, le jeu des acteurs n’avaient rien de bien convaincants pour séduire - non pas les spécialistes de l’intelligentsia théâtreuse -, mais le « grand » public, précisément celui que la « chaîne publique » voulait drainer coté « cour » (= faire la « cour »)… Un spectacle qui sacrifiait à la mode contemporaine du dépouillé esthétique dépoussiéré : un décor plus qu’indigent, le vélomoteur et le blouson anachroniques à l’entrée et à la sortie, apparitions-disparitions du maître de cérémonie par la trappe du plancher…, gestes clownesques et grotesques avec des gags à deux balles… bref, tous les poncifs du prétendu genre novateur et déjanté - dont on nous bassine depuis des lustres, avec force subventions et partenariats institutionnels (toujours les mêmes : on ne prêt qu’aux riches) !

On l’aura compris : je n’ai pas aimé ce spectacle.
Dommage (ou heureusement), le grand Arditti, décidément toujours meilleur qu’hier et encore moins meilleur que demain, véritablement transcendé dans son personnage étonnamment « naturaliste », a fait A LUI SEUL le spectacle ! Superbe, étonnant, magique, sublime ! Que ses partenaires qui lui donnaient la réplique étaient fades, à côté ! Un abîme se creusait entre l’ensemble des protagonistes et lui… L’interprétation d’Anouk Grinberg, en femme incertaine, m’a choqué par son artifice, Robert Plagnol jouait en demi-teinte, comme à moitié absent du plateau, etc. Et le directeur d’acteurs dans tout ça?
A-t-il vraiment fait son boulot?
Les costumes et la mise en lumière étaient agréables ; mais ce n’est pas suffisant pour faire un beau spectacle, même si on dispose d’un acteur merveilleux, parfaitement dans son rôle. Quant « au coup de la trappe », je suis désolé mais je n’en avais pas compris le sens - jusqu’à ce que je lise une explication, à posteriori,  sous la plume d’un  critique ” spécialisé”… Je ne suis pas cultivé en théâtre!

Et c’est bien là le mal endémique de notre théâtre contemporain, si encensé par les médias : sans mode d’emploi, il n’y a pas de salut !

Ce n’est pas avec ces « directs » là que l’on va ramener le téléspectateur au théâtre… Au contraire, on les achève d’un coup de poing! Les acclamations enthousiastes du public invité dans la salle, qui ne ménage pas ses ovations, ne sont qu’un leurre.

mercredi, février 17 2010

LES CASTINGS "ENFANTS" POUR LE THEÂTRE : ce n'est pas du cinéma !

Mettre des enfants sur un plateau de théâtre nécessite des arrangements spécifiques à leur emploi de jeunes comédiens. Si la pièce doit être jouée sur plusieurs dates successives ou deux fois dans la journée, il faut prévoir l’alternance afin de ne pas dépasser trois représentations par semaine pour le même enfant ou une représentation par jour... De toute façon, même si la pièce n’est pas représentée à de courts intervalles, il convient de préserver la scolarité et la vie familiale de l’enfant. Alors que pour le cinéma, le tournage sera « ramassé » sur une même période, il en va tout autrement dans la vie d’une pièce de théâtre ! C’est pourquoi, dans le théâtre, il est d’usage de distribuer un même rôle à trois, quatre voire six enfants. Il convient donc de former plusieurs apprentis-comédiens, chacun étant la doublure des autres. Après le départ, à la fin de l’été 2009, de l’un de nos deux Gillou, de nouvelles recherches ont été faites, via les sites spécialisés, ciblant de jeunes garçons susceptibles de jouer le rôle sur deux ou trois saisons (il faut donc anticiper leur croissance !).

Les critères ne seront pas tout à fait les mêmes que pour le cinéma... Alors qu’un enfant saura se montrer crédible pour une courte prise sur un plateau de tournage, entrant plus ou moins spontanément dans le jeu requis par le réalisateur, ayant la possibilité de se reprendre aux prises suivantes, il en va tout autrement sur une scène de théâtre, face à un public qui aura payé sa place ! Il faut donc détecter des candidats aptes à restituer les émotions d’un personnage durant toute la représentation... Evidemment, la mémorisation du texte et l’assimilation des déplacements dans l’espace constituent un véritable travail en amont, qui ne peut être accepté sans une sérieuse motivation !

J’ai eu l’immense bonheur de recevoir de nombreuses candidatures pour une pièce de Henry de Montherlant - un auteur pas spécialement connu du jeune public ! Tous ont manifesté un intérêt non feint pour le magnifique personnage imaginé par l’auteur de Fils de personne. Il est vrai que, pour un acteur-enfant, ce rôle est un rôle en or !

Six mois de casting, 43 candidatures, essentiellement issues de la région parisienne, plus de 150 échanges de courriels, puis de longs entretiens téléphoniques préalables avec six candidats présélectionnés ont été suivis de quatre rencontres d’une journée chacune, avec auditions et séances de travail pour quatre d’entre eux. Deux garçons ont dû se désister pour des motifs d’ordre pratique, parmi lesquels l’un des huit jeunes protagonistes principaux du Petit Nicolas, le film de Laurent Tirard et un  Joseph  du Soldat Rose de la comédie à succès de Louis Chedid ! Autant de jeunes talents plein d’enthousiasme et d’avenir artistique... Finalement, le choix s’est arrêté sur deux postulants, dont les profils et la disponibilité répondaient exactement aux critères de sélection. Huit à douze mois de formation et de répétitions sont nécessaires pour aboutir à un jeu de qualité professionnelle. Les enfants n’en restent pas moins des élèves de l’école d’art dramatique de la Compagnie, bénéficiant d’un cours d’acteur personnalisé, adapté à leur tempérament, leur sensibilité et leur disponibilité... Leur intégration à un spectacle où ils donnent la réplique à des comédiens professionnels, dans des conditions de travail professionnelles, constitue pour eux une expérience précieuse et très formatrice, dans le cadre d’une pédagogie particulièrement adaptée au spectacle vivant!

lundi, septembre 28 2009

La vérité sur... la BÊTE DU GEVAUDAN ou quand la vraie histoire est plus passionnante que la fiction !

En 2001, les Loups “du pacte” (Le Pacte des loups) ont envahi les salles obscures pour un obscur récit prétendant narrer l’histoire de la Tueuse du Gévaudan, sous le règne du Roi Louis XV…

Pour autant qu’il me souvienne, les fabriquants de ce film à grand spectacle le présentaient comme une histoire inspirée de la ténébreuse affaire, et n’en niaient pas la transposition fantaisiste concédée au scénario.

Je me réjouissais, à l’époque, que le cinéma s’empare (enfin) de la “dévoreuse” mais craignais le pire, étant passionné du sujet et plutôt “spécialiste” de la chose, puisque je tournais, déjà, depuis 6 ans, avec un spectacle relatant l’affaire…

Et le pire était sur les écrans! Passé les premières vingt minutes de projection, assez en phase avec la vérité historique, le “spectacle” - puisqu’il s’agissait de faire du spectaculaire -, sombrait dans le délire le plus total, les invraisemblances, la déraison, les clichés grossiers, les extravagances… Film bien fait mais film nocif à la compréhension de l’authentique histoire de “la Beste” qui ensanglanta les Etats du Gévaudan, de l’An de grâce 1764 à l’an de grâce 1767!

Or, il se trouve que la VRAIE histoire de la Beste, celle qui est vérifiable sur de nombreux documents officiels ou chroniques d’époque, celle qui est abordée avec rigueur dans la multitude d’ouvrages publiés sur le sujet,  est beuacoupl plus passionnante que les fictions farfelues!

Un VRAI film sur La beste reste à faire!

Ce propos, je le rédige parce que la Compagnie Gérard F propose dans son répertoire un spectacle d’abord “jeune public” mais aussi TOUT public, qui tourne depuis 13 ans et qui respecte tant que faire se peut la vérité historique. Après une représentation en Lozère, en 1996, un historien est venu trouver Gérard Foissotte (conteur-acteur du spectacle) pour lui déclarer spontanément: “Bravo! rien à redire sur votre récit! exact en tout point!” (ce spectateur était sur le point de publier un ouvrage sur la Bête, pour lequel il travaillait depuis deux ans…

L’Affaire de la Beste est si dense en évènements, si riches d’actions, avec une multitude de personnages hauts en couleurs, un mystère et un suspens dignes des meilleurs auteurs du genre, que toute fiction ne peut l’égaler!

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