Theatreaucoeur

Écrire, opiner, discuter théâtre... Défendre un "autre théâtre" que le "tout-contemporain". C'est à contre-courant, c'est "ringard", c'est mal vu, c'est mal lu, mais ça existe l'autre théâtre! Promouvoir et défendre l’œuvre dramaturgique de Henry de Montherlant, sa littérature...Défendre son œuvre et l'homme, c'est défendre la liberté de ne pas être étiquetable, de reconnaître ses dualités, de crier (écrire) tout haut ce que bien des gens pensent tout bas... Causer de littérature en tout genre et de ses produits "dérivés", de cinéma et un peu de télévision... C'est aussi un support médiatique pour les activités d'une compagnie théâtrale besogneuse de province. Les notes critiques de ce blog n'engagent que leur auteur (qui signe GF) et non pas l'association Compagnie Gérard F

dimanche, mars 19 2017

Du théâtre au cinéma... Mini série inédite avec Sherlock Holmes l'Héritage de Baker Street

LE FILM SAUVÉ...

PAR LE MONTAGE !

 

Court métrage adapté de la pièce de théâtre éponyme. Une enquête inédite sur une idée originale...

 

Le "pitch"

Sherlock Homes, vieilli et drogué, est mis en défaut sur une enquête par le gamin des rues Wiggins (deuxième du nom) dans un huit-clos aboutissant à la déchéance du détective.

 

 

 

En février 2016, à l'issue des 4 journées de tournage (au lieu des 7 prévues initialement d'un commun accord avec toute l'équipe), au vu de l'ensemble des "rushes" que j'ai visionnés (ce que j'avais omis de faire durant le tournage - mais oui! -, enfermé dans ma bulle d'interprète du rôle de SH), j'ai renoncé, la mort dans l'âme, de finaliser ce court métrage qui me tenait tant à cœur et pour lequel un jeune comédien et sa doublure s'étaient impliqués avec enthousiasme...

 

Une année est passée.

 

En hiver 2017, je travaille au MONTAGE, sous forme de courts épisodes, des 4 séquences du scénario (filmées en plan-séquence non répétés et en temps réel), avec un remodelage visuel (et notamment de nombreux recadrages, nécessaires car le filmage a été fait en continuité dans un espace non maîtrisé). La magie du numérique me permet cette "re-fabrication" d'images autrement inexploitables... Il eut été dommage d'investir tant de temps et d'énergie, de bénéficier de partenariats généreux, avec un coût qui s'est monté finalement à 5500€ pour 4 journées sur le plateau, pour conserver des "rushes" au fond d'une corbeille!

 

Avec des "rushes" inutilisables en l'état, seul un recadrage systématique, parfois très serré, combiné à un montage chirurgical, avec coupures et raccords dans l'enregistrement des dialogues, aura permis de donner forme à ce film-maquette... La vidéo n'a fait l'objet d'aucun traitement numérique d'amélioration de l'image ni n'a été "étalonnée". Douze jours de montage dont plus de trois pour le seul générique qui coiffera la "série", auront été nécessaires pour la première "livraison": un épisode de quelque huit minutes. Il correspond à la première séquence du scénario.

 

Le mercredi 8 mars 2017, la mini série a été inaugurée. Une exclusivité YouTube!

mercredi, mai 29 2013

COMMENT DES ENFANTS SAGES BIEN ELEVES apprennent à devenir un gamin des rues holmésien!

La Compagnie Gérard F associe aux comédiens adultes professionnels des adolescents de son atelier d'art dramatique pour chacune de ses créations en leur attribuant des rôles importants.

Cette initiative, atypique en région, outre son intérêt pédagogique, permet de se placer sur le créneau des pièces sollicitant des enfants. A l'issue d'un casting régional, deux garçons ont étés retenus pour jouer en alternance le rôle de Wiggins, assistant débrouillard et déluré du grand détective... Après une formation et des répétions conduites en parallèle, les petits apprentis comédiens seront à même de se hisser à la hauteur de leurs partenaires adultes professionnels, et ce, durant toute la durée d'une représentation! 8 à 12 mois sont le délai habituellement nécessaire à l'école de la compagnie Gérard F pour permettre à des enfants motivés et talentueux d'atteindre l'objectif - soit après quelque 150 heures de travail personnalisé. On voit sur cette vidéo l'importance accordée au travail sur le texte... à la virgule près! La recherche de l'empreinte émotionnelle, ainsi que l'indispensable travail sur la voix et la diction font l'objet d'exercices spécifiques, non visibles sur cette vidéo. La mise en espace est travaillée progressivement.

A l'école de la compagnie Gérard F, on n'apprend pas à "jouer" un personnage mais à "être" le personnage! Pas facile pour un garçon bien élevé de s'approprier les manières et la gouaille d'un va-nu-pieds de la Londres victorienne! Montage de la vidéo effectuée avec des extraits de filmages de quelques séances de travail, commencées en janvier 2013. Que de remarquables progrès ont été réalisés depuis l'audition dans le cadre du casting!

"Sherlock Holmes l'Héritage de Baker Street" (Gérard Foissotte © 2013) est un spectacle théâtral tout public, en cours de montage au moment de la mise en ligne de cette vidéo...

http://youtu.be/Xf36EQELReo

mercredi, mai 22 2013

APPRENDRE LE METIER D'ACTEURS! ...et les enfants, dans tout ça?

STAGE en Vercors drômois (26) pour les garçons et filles de 8 à 14 ans pendant les vacances scolaires (du 6 au 13 et du 13 au 20 JUILLET 2013) La Compagnie Gérard F propose une SESSION INTENSIVE. Du samedi au samedi, dans un camping du massif du Vercors (côté Drôme) à 1000 m d'altitude... Formation de haut niveau pour débutants ou confirmés. Les stagiaires devront être accompagnés de leur famille ou d'un parent et seront tenus de camper sur place (tentes, caravanes ou mobile-home). Le contenu: pas d'improvisation ni d'exercices "ludiques". De vrais cours d'art dramatique avec un haut degré d'exigence... On apprend «le métier» d’acteur (ou de comédien) et ça travaille! A l'inscription, le stagiaire s'engage à suivre les cours assidument et à effectuer le travail qui lui est demandé! Il ne s'agit pas d'un «atelier de théâtre» mais d'une formation personnalisée destinée à donner à chaque élève les bases nécessaires pour développer ses aptitudes au jeu de l'acteur de type cinématographique mais avec apprentissage des contraintes techniques de la scène (élocution, puissance de la voix, déplacement en espace face à une salle...). La méthode: chaque élève fait l’objet d’une attention particulière et tire profit du travail des autres et des conseils personnels prodigués. Les personnages jouées sont conformes à l'âge des enfants - il ne s'agit pas d'interpréter des rôles d'adultes -, tels qu'en proposent des pièces de théâtre, films ou téléfilms sollicitant des enfants: pourront être travaillées des mises en situations avec des extraits des textes de Peter Pan de J. M. Barrie, de l'Ile au Trésor de Stevenson, d'Oliver Twist de Charles Dickens, des Choristes (film de Christophe Barratier), de La Guerre des boutons, Les disparus de Saint-Agil de Pierre Véry, Hugo Cabret, etc. Gérard Foissotte, comédien de théâtre professionnel, assurera la pédagogie, assisté, si le nombre de stagiaires le justifie, d'une personne compétente - comédien, comédienne ou formatrice d'atelier théâtre. Il donnera également la réplique aux élèves pour les scènes mettant en situation adulte et enfant: les élèves auront donc pour partenaire un comédien professionnel! Les enfants inscrits devront mémoriser quelques répliques avant de venir en stage; elles leur seront communiqués 6 semaines à l'avance. Déroulement pédagogique: un seul groupe de 6 à 12 élèves, en salle et à l’extérieur... - 1h30 de cours le matin (avec pause de 15') - 2h30 de cours l’après-midi (avec pause d’1 h.) - Un spectacle est donné le dernier soir au camping avec ouverture au public extérieur (village touristique tout proche). L’encadrement en dehors des plages de travail est à la charge des parents.

affiche 2013Vidéo: travail en été 2012...


Tarifs: 285 euros pour 7 séances quotidiennes de 4 heures (= 28 heures de cours). Acompte de 30% à l’inscription le solde 8 jours avant le début de séjour. Hébergement: chaque famille s’engage à réserver un emplacement campeurs ou un mobile-home sur le site du stage.
Visiter le site du camping Les Myrtilles à La Chapelle-en-Vercors ("Les Chaberts" 26420 ). Moyens d'accès: liaisons directes TGV ou TER depuis Paris et Lyon jusqu'à Valence ou Grenoble. Autoroutes jusqu'à Valence ou Grenoble puis par la route (depuis Valence: 70 km = environ 1h ou depuis Grenoble: entre 62 et 82 km selon itinéraire = environ 1h15). ... Renseignements sans engagement. Compagnie Gérard F Association loi 1901 Siret 48166225200016 APE 9001Z Licence d'entrepreneur de spectacle N°2-141916

dimanche, décembre 23 2012

Sa Majesté des mouches (Lord of the Flies) de Peter Brook

flashback

(Lord of the Flies)

   Jeux de sang...

     en noir et blanc

Le film de Peter Brook 

 

"The lord of the flies" est une comédie dramatique (Royaume-Uni) sortie en 1963, sur un scénario du cinéaste Peter BROOK d'après le roman de William GOLDING, publié en 1954, considéré comme un classique de la "littérature de jeunesse", abordé dans nos collèges, en classes de 4ème ou 3ème...

Dieu, que douce est la Guerre des Boutons (même celle de Pergaud) à côté du conflit puéril qui transforme une île paradisiaque, investie que par des gamins, en enfer de sang et de feu !

 

Image du film de Peter Brook (la coloration est de la rédaction) © Lord of the flies Company

 

"Et si j'écrivais l'histoire de jeunes garçons sur une île?  Je les laisserais se comporter exactement comme ils voudraient."

© Lord of the Flies company

J'ose espérer qu'il ne viendra pas à l'idée à nos cinéastes tricolores (genre Barratier° ou Samuell°) "d'adapter" cette œuvre magnifique et atroce, effrayante et initiatrice, naturaliste comme j'aime... Pas plus qu'on ne peut faire un plat salé et pimenté (car ce roman est très relevé) en utilisant abondamment du sucre, on ne peut mettre en scène cette fiction, sans la trahir, si l'on accepte de prostituer son scénario et ses images aux standards obligés du "prime-time" télé! En 1965, le réalisateur britannique Peter Brook° met en images sans concession ni pudibonderie indécente (si j'ose dire!) cette histoire terrible, où les enfants (tous des garçons), naufragés et sans adultes, de "bonne éducation", beaucoup étant même enfants de chœur "à la ville" (!), abandonnent leurs uniformes de collégiens en guenilles pour se vêtir de feuilles et d'argile, et laisser leurs instincts barbares, fesses à l'air pour certains d'entre eux, s'exprimer dans de monstrueuses actions irréparables, protégés de leurs crimes sous l'anonymat de leurs visages bariolés...Des enfants sont mis à mort par leurs camarades dans des conditions atroces: des situations d'une contemporanéité à faire frémir! On croirait lire (voir) le filmage au téléphone portable de l'un de ces faits divers qui régalent nos journaleux - et font la une du Vingt-heures! Ces scènes de violence, racontées crûment par Golding, mises en images sans détour par Brook (il est vrai qu'il n'était pas financé par TF1!), sont d'autant plus effrayantes qu'elles se situent dans un contexte extrêmement réaliste: le gosse, seul, reste un enfant sage et éduqué, les gosses, entre eux, s'excitent mutuellement, se lâchent et extériorisent leurs pulsions diaboliques... Il n'y a plus qu'à se ruer sur un bouc émissaire - un faible, évidemment -, et c'est la curée!

Au sens propre (si j'ose dire) et non "de semblant"!

Une fiction assez forte et percutante pour que Peter Brook eût exigé des producteurs de ne pas "trop en faire" avec du pognon! La production initiale voulant gonfler le budget, le cinéaste a claquer la porte et s'est débrouillé... avec des bouts de ficelle!

 

"Tout ce que je voulais, c'était une petite somme d'argent. Pas de scénario, juste des enfants, une caméra, et une plage."  (Peter Brook)

 

© lord of the flies company

 

...mais avec une histoire et des dialogues qui donnent un coup de pied dans la fourmilière du socialement correct.

On peut reprocher à Peter Brook d'avoir trop visiblement  éviter des images traumatisantes ou impudiques (la nudité des protagonistes est très présente dans le livre, traduisant justement la découverte d'un état primitif) - ce qui fait tache dans son filmage naturaliste et par ailleurs sans concession de la montée de la violence enfantine. Sans solliciter des images gore, j'aurais préféré des ellipses d'atrocités moins évidentes et plus habiles. Le romancier Golding, qui a supervisé amicalement l'adaptation cinématographique et a salué avec enthousiasme le résultat, en dit beaucoup plus dans son texte, n'évitant pas les détails sanglants - non par complaisance mais avec une légitimité narrative non contestable. De ce fait, l'atrocité des faits dont se rendent coupables, en s'amusant, nos petits enfants de chœur, apparaît plus clairement parce que décrits, bien que sobrement,  avec un réalisme cru. Je comprends qu'en 1963 le cinéma anglo-saxon prennent quelques précautions (que nous qualifierons "d'usage") dans un film mettant en scène des gosses... Ces coups de gomme sur les scènes les plus dramatiques (et aussi les plus significatives) altèrent un peu l'impact émotionnel de l'ensemble.

 

 Un film "vérité": du Zola cinématographique

Avec une restitution globale réussie de l'essence du roman, ce film est donc une mise en images à minima, fidèle mais un peu timorée. Il n'en demeure pas moins que le traitement scénaristique et la réalisation de Peter brook constituent un exemple (rare) de l'adaptation fidèle et non édulcorée pour le grand écran d'une histoire de gosses initialement forte.

Brook nous régale avec un filmage soigné: la photographie est belle mais non léchée, le noir et blanc est sublimé, les scènes de nuit sont d'une beauté... "éblouissante", et la caméra "débridée" du deuxième cadreur nous livre "à cœur " l'essentiel des images d'action.Les gamins, dans ce qui leur reste de nippes en vadrouille, les corps et les visages souillés de terre et de crasse, ou grimés comme des amazoniens, sont étonnants de vérité... à faire peur quand ils s'excitent! Le montage (coupé dans les 60 heures de pellicules impressionnée par les deux caméras) est alerte et efficace. L'atmosphère, d'abord enivrante, développe progressivement ses poisons mortels, en prenant le temps de poser chaque personnage, chaque groupe d'enfants, avec les psychologies de leurs âges. Il y a les "grands", plutôt réfléchis et prudents, il y a les "petits", plus attirés par les jeux de plein air et la plage que par le ramassage du bois mort; il y a les "forts" (en gueule) et les faibles, les introvertis... Brook, par sa mise en scène et ses images, nous révèle la quintessence de ce microcosme atypique et installe habilement et sans "effets de manches", peu à peu, l'angoisse et le malaise.

 

Ce qui prend allure de camp scout se transforme inexorablement en camp de la mort.

La bande son, pétrie de bruits de la nature (mouches, oiseaux, vent, orage et vagues), un peu gâchée quelquefois par un leitmotiv musical original "hors cadre", comporte des temps forts: les cris hystériques des enfants, le martèlement de tambours sur les noix de coco utilisés par les sauvageons, les "mélopées" de chasse, quelques mesures de percussions aussi discrètes qu'oppressantes...

Un film vraiment pas comme les autres!

Nos cinéastes français, fabricants de soupes enfantines consensuelles pour familles bien comme il faut, ou de "films de Noël"°, pourraient en prendre de la graine (de piments)

...et nos producteurs aussi.

Mais on sait qu'à propos d'enfance, le cinéma hexagonal préfère se voiler la face... et mettre des caches°.

Le film de Brook a été présenté en Compétition Officielle au Festival de Cannes en 1963 et Le réalisateur a été nommé pour la Palme d'or. CQFD

GF

Montage et colorations sépia de la rédaction (cliquer pour agrandir)  Images du film de Peter Brook © Lord of the flies Company


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COMME UNE LANCE!

© Lord of the flies Company et Janus films

Sur ce blog, on peut lire l'article "Anges ou démons" sur le roman de William Golding

J'ai trouvé une remarquable analyse du roman et du film de Peter brook sur DVD Classik°

Le DVD est en vente chez Carlotta° 

.Nouveau master restauré / Version Originale / Sous-Titres Français & Anglais

(92 mn) Format 1.33 respecté – 4/3 – Noir & Blanc avec en Suppléments:

.Le cinéma en liberté (32 mn)

Dans cet entretien exclusif, Peter Brook revient sur son coup de foudre pour le roman de William Golding, la préparation et le tournage du film, et sur la signification de son travail avec une troupe d'enfants.

.Partie DVD-Rom

Élaboré sous la direction d'Alice Vincens (enseignante à L'ESAV, Université de Toulouse II) en collaboration avec Dominique Galaup-Pertusa (enseignante à l'IUFM d'Albi), ce DVD-Rom, par son caractère interactif, permet le développement d'analyses croisées et interroge la rencontre du cinéaste Peter Brook avec l'œuvre de William Golding.

 

   L'affiche du film

reproduite sur le DVD

Sa Majesté des mouches: anges ou démons?

littérature

The Lord of the flies

de William Golding (publié en 1954)

Anges Anges ou démons ?

Le stupéfiant récit de fiction d'un auteur anglais qui n'a pas froid aux yeux et à la plume! Une histoire d'une étonnante actualité...

Un livre dont je connaissais l'existence depuis dix ans, après avoir fouillé dans les bacs d'un bouquiniste du quartier latin, et que j'avais oublié de lire! Voilà qui est fait. La narration, bien que traduite de l'anglais, est d'une remarquable qualité littéraire. Hymne à la (sur)vie et à la nature sauvage (et non à l'homme sauvage), c'est aussi une démonstration de l'imbécilité humaine, déjà présente en chaque enfant... civilisé. Les pages nous régalent de descriptions sobres mais efficaces de paysages délicieux, d'odeurs, des bruits de la nature, avec les oiseaux, les vagues qui se brisent sur les rochers ou qui recouvrent le sable, le ressac...

Un vrai roman naturaliste, à la fois tendre et violent.

Avec des paroles de gosses aussi vrais que nature.

Le paradis trouvé des enfants perdus

Commençant au fil des pages comme une aventure sympathique de collégiens naufragés, réfugiés, sans adultes, sur une île déserte paradisiaque, le récit tourne progressivement au cauchemard sanguinolent. Les Robinson Crusoé enfantins, livrés à eux-même, profitent de leur liberté toute neuve pour se défaire des liens d'ordre et de morale qui les bridaient en Angleterre. Neuf d'entre eux sont des enfants de chœur, avec, à leur tête, un "chef"...

..."Parce que je suis premier enfant de chœur et ténor de la maîtrise. Je monte jusqu'au do dièse."

Ce Jack Meeridew, qui a servi et chanté la messe, va organiser une tribu de "chasseurs", d'abord pour "bien s'amuser" puis très vite par goût du sang et par désir de donner la mort. Violent et autoritaire, méprisant les faibles, il va parvenir à rassembler avec lui la quasi totalité des naufragés, vite séduits par son charisme de petit sauvage. Pour se défendre d'un "monstre" entrevu sur l'île, Jack va instituer spontanément un culte sanguinaire destiné à apaiser "la Bête", en lui offrant le fruit de ses tueries.

L'Harmaguédon des gosses

Seuls quelques garçons, dont aucun ne sont issus de la maîtrise, vont s'opposer au jeune tyran; ces résistants, qui hésitent entre l'envie de s'intégrer à la tribu et la volonté de ne pas devenir "des sauvages" et de conserver des règles civilisées, seront dépassés par les évènements, que Jack, l'éventreur de cochons, va conduire au paroxisme de l'horreur. Tueries atroces de camarades, chasse à l'homme à mort, vont rougir le sable et les rochers battus par les vagues.

Les visages et les corps peinturlurés, nus ou à demi-nus, parés de feuilles et de fleurs, la bande d'enfants assassins, que des danses macabres et histériques  préludent à leurs crimes, va semer la terreur pour supprimer les quelques gamins qui tentent de défendre un reste d'humanité.

Certes, il s'agit là d'une oeuvre qui n'engage... que son auteur. Et l'on peut contester la vision négative et harmaguedonesque (le Mal satanique, niché en chaque enfant, et qui déclenche la sauvagerie meurtrière) "choisie" par Golding; mais si l'on accepte cette option, somme toute tout-à-fait "raisonnable" (si j'ose dire) - si non forcément probable -, on ne peut qu'entrer corps et âme (damnée?) dans l'univers créé par le romancier, happé dès les premières pages dans un microcosme si proche du réel que, très vite, on s'en trouve prisonnier.

 

Image du film de Peter Brook - Le jeune héros Ralph interprété par James Aubrey° © Lord of the flies Company

Sa Majesté des mouches... Quel drôle de titre!

La première idée qui s'est installée dans ma tête, c'est qu'il s'agissait d'une appellation honorifique que les gosses attribuaient, par autodérision, à leur chef, "monarque" en herbe. L'explication est (en partie) dans le texte. Les mômes, devenus asservis à la violence et au sang, totémisent une tête de cochon sauvage qu'ils ont massacré. Plantée sur son pic, la tête pourrissante est noire de mouches... Un jeune garçon, dans sa solitude et ses délires, l'entend se présenter elle-même comme un monarque - dérisoire: sa-majesté-des-mouches. L'enfant n'est pas dupe, mais pour les autres garçons, organisés en tribu de chasseurs, la mort et la violence sont inexorablement érigées en valeurs absolues. Nos gosses, terrorisés par un monstre omniprésent qui les menaceraient, sont convaincus de calmer une divinité (du mal) en lui offrant des sacrifices sanguinaires. Selon de nombreux "auteurs" sur le sujet, sa Majesté des mouches est la traduction quasi littérale de Belzébuth ou Belzébul, dieu lié au culte du diable. Nos petits anges ex-enfants de choeur ont donc choisi, spontanément et par instinct, de vouer un culte à Satan!

GF

 "Jeux de sang en noir et blanc" sur ce blog: article sur le film de Peter Brook°

Théâtre: l'utopie ou la mort!

Théâtre

 

L'UTOPIE... OU

LA MORT!

 

La vie théâtrale au pays de Molière est totalement inféodée à la "culture d'Etat" depuis 1972, année où les Centres Dramatiques Nationaux ont été créés pour, soi-disant, permettre une création théâtrale "d'intérêt public"... Résultat: l'instauration d'un monopole DE FAIT sur le marché du théâtre: les CDN et CDR (régionaux) drainent des budgets considérables (aux frais des contribuables), s'approprient les salles, les médias, la pub, le public... qui n'a pas le choix! Communes, départements, régions, ministère de la Culture: toutes ces instances financent une production (et programmation) sensée convenir au public. Foutaise!

 

 

Les (petites) compagnies indépendantes professionnelles ont bien du mal à disposer ne serait-ce que dune salle pour répéter, de dates libres pour se produire, n'ont pas la faveur des journaleux locaux et les élus du peuple ne se déplacent pas pour voir leurs spectacles. HURLER contre cet état de chose est courageux et non consensuel: cela revient à réclamer l'abolition de la peine de MORT... du théâtre LIBRE et INDEPENDANT, d'un THEÂTRE DIFFERENT. Les petits théâtreux besogneux non subventionnés (et pour cause) galèrent et mangent un repas par jour, tandis que des théâtreux nantis entretiennent leurs égos aux frais de la République et des collectivités locales. 

 

Se dresser contre ces institutions (dont l'inspiration, à l'origine, est sans doute louable) est évidemment une gageure! C'est donquichottesque... Mais Don Quichotte, par sa nature, est un admirable personnage de théâtre!

 

Et ce rôle là, je veux bien l'endosser.

 

Et puis, qui eût cru, en l'an de grâce 1779, que dix ans plus tard la monarchie absolue serait molestée?

 

La France a connu de nombreuses périodes (sombres) de tyrannie de toute sorte, de totalitarisme éhonté (avec notamment la main basse sur la culture et le théâtre - sous le régime de Vichy par exemple); aujourd'hui, les deniers publics sont utilisés pour promouvoir un théâtre prétendument innovant "et de qualité", où ceux-là mêmes qui l'entretiennent (l'Etat, les collectivités territoriales) ne se rendent pas compte qu'ils y sont contestés: la pseudo fibre anarchisante ou humaniste des théâtreux nantis, qui transforment en sujet de contestation universelle tout ce qui bouge, n'hésitant pas à faire des "relectures" au vinaigre de textes classiques sublimes, ne cesse d'investir les théâtres communaux.

 

Il fut une époque où les communes programmaient leurs saisons théâtrales à leur guise, les affiches étant choisies par des non professionnels, dont le goût théâtral était sans doute plus proche de la population que les programmateurs professionnels actuels (dont certains sont aussi les grands manitous des CDN ou CDR)... En ce temps-là, époque bénie des tourneurs, les habitants d'une ville de 50.000 habitants pouvaient espérer assister, entre autres "petits spectacles" de qualité, à la représentation d'une affiche "parisienne" à succès de théâtre de boulevard. Cela se peut encore, mais si vous avez un CDN intra-muros, n'y comptez point! Ou alors le tourneur aura fait un sacré "forcing"! Ouvert à un théâtre plus "populaire" qu'élitiste, les directeurs de théâtres municipaux, ou responsables des affaires culturelles, sous la coupe des adjonts au maire délégués, avaient pour seule prétention la satisfaction du public - son divertissement (ce qui n'excluait pas les pièces dramatiques!). De nos jours, il suffit de lire les  professions de foi des grands chefs de la théâtrie institutionnelle (entendez les directeurs de CDN ou CDR), de consulter leurs programmations, pour connaître les "tendances" qui les gouvernent. Autrefois, les grandes et moyennes communes s'offraient régulièrement les services de tourneurs prestigieux, pour acheter des spectacles prestigieux (essentiellement parisiens); leurs théâtres "à l'italienne" n'étant pas réserve de chasse (gardée) de quelque CDN ou CDR, une petite compagnie pouvait toutefois se produire entre deux affiches de tourneurs... De plus, la ville n'était point acheteur et producteur à la fois - juge et partie. On peut penser, qu'en ce temps-là, les petits théâtreux avaient des interlocuteurs municipaux plus à l'écoute, tandis que, de nos jours, ils subissent la condescendance (puissance cent) chez les mandarins du rideau rouge (c'est une façon de parler car, de rideau rouge, on sait que notre intelligentsia théâtreuse n'en veut plutôt pas! "C'est désuet, c'est ringard, c'est bourgeois!" et on préfère déshabiller le plateau tout comme on se plait à dénuder les comédiens). Alors, vous pensez bien que... les théâtres à l'italienne !

 

Structures architecturales coûteuses, personnel plétorique, comédiens salariés permanents (avec CDI ou CDD d'usage? - je demande à voir), stagiaires méprisés, vacataires humiliés, "formations" (en ateliers théâtre) vendues en série, car c'est juteux et imposé par le cahier des charges -, le système, lourd et onéreux, n'autorise plus le petit artisanat - je ne parle pas d'amateurisme. On fait donc descendre (de Paris) les grosses machines, ou on fabrique (pour monter à Paris) de grosses co-productions... Il faut que ça gueule, que ça en jette, que Télérama en fasse son "évènement", que ça tourne en Europe, etc., etc. Sous la bannière "démago" de la décentralisation, avec mini-tournées dans les campagnes des départements "occupés", toujours aux frais de la princesse tricolore, nos troupes engraissées "CDNécrophages" (= tueuses du "petit" théâtre) chassent sur toutes les terres, même en friches...

 

C'est que les petites compagnies ont aussi beaucoup de mal à se produire dans les "arrières-pays".

 

Sous des apparences trompeuses de "démocratisation" (re-foutaise), l'essentiel du théâtre hexagonal est quasiment nationalisé et donné en pâture à des "stars" de la scène théâtreuse - sans partage. Les capitaines de ces yachts de luxe, dont on sait dans le milieu que ce sont des carriéristes aux dents longues pétris d'ambitions (au pluriel), "sont nommé(es) par le(la) ministre chargé(e) de la culture, en concertation avec les collectivités locales du territoire d'implantation du CDN." (sic le Cahier des missions et des charges des centres dramatiques nationaux - mouture de 2010).

 

De profundis pour les initiatives hors norme de petits besogneux.

 

Tous les théâtreux professionnels qui ne sont pas bénéficiaires du système monopolistique le savent: quand un CDN sévit dans vos contrées, vous n'avez pas droit de cité!  Lire à ce sujet l'article

 

Vous voulez manifester un esprit d'indépendance artistique et dire tout haut ce que beaucoup de gens du métier pensent tout bas? N'hésitez-donc pas, si vous voulez défendre un autre théâtre, de partir à l'assaut des... moulins à vent en carton-pâte!


GF

 

Avignon et CDN...

même combat!

Vivre ou mourir?

 

Être ou ne pas être?

 

Je ne jette point l'anathème sur le théâtre dit "contemporaine". On aime ou on n'aime pas! Mais les coproductions richement subventionnées font et défont le théâtre, de nos jours, dans l'hexagone et ailleurs - disons, en occident. L'anathème? ce sont les théâtreux mandarins du monde des planches qui l'ont jeté sur ce que j'appelle "un autre théâtre"... Par exemple, parlez en bien du théâtre "de boulevard" dans quelque usine à gaz de l'enseignement de l'art dramatique, et on vous fera sentir que "c'est votre droit" mais que... vous êtes "hors course"! Ces considérations ne mettent en cause ni l'enseignement de ces usines à comédiens (jusqu'à 1000 élèves par année scolaire!), ni le talent et le savoir faire des comédiens qui jouent le jeu de la modernité "déjantée". C'est bien du système - avec ses monopoles artistiques -, que je cause!

 

A propos de spectacle vivant "tendance", je trouve exquise la séquence de l'opéra du film à succès sans précédent "Intouchables"... (17 576 053 entrées au 14 janvier 2012) Les spectateurs français "moyens" semblent plébisciter, entre autres choses, les coups de griffes à l'art contemporain -  théâtre et... peinture. La vérité sort de la bouche... du "black" des cités! (Omar Sy dans le rôle de Driis).

Un village français...

...occupé à baiser!

 

 ©2012 France Télévisions

 

 

Sur France3, la 4ème "saison" de la série-saga aux cocoricos tricolores a clos ses portes, sur un 12ème épisode tout aussi frelaté que les livraisons précédentes (la diffusion a débuté le 4 juin 2009)... Je sais, c'est dur de dire cela: mais je le dis! Tourner sur la durée une fiction dite "documentaire" sur les années d'occupation est forcément à saluer pour le courage (?) et l'originalité, pour la bonne volonté sûrement...

 

Vouloir "montrer" autre chose qu'une peinture sépia "manichéenne" de la vie (supposée) d'un "village" français entre juin 1940 et  l'été 1944 est méritoire. Associer à l'écriture un historien "spécialiste" de la seconde guerre mondiale (Jean-Pierre Azéma), est louable et donne quelques solides fondements à la narration. Mais j'objecterai que: Monsieur Azéma, né en 1937, n'avait que 4/5 ans au début de l'occupation; son savoir, sa science ne sont que savoir et sciences d'universitaires et ses lumières ne peuvent être celles d'un témoin conscient de l'époque. Or, que voit-on dans cette suite d'épisodes sinon qu'une accumulation de clichés prétendument inédits sur la "sombre période de l'occupation" (air connu)?

 

Chacun des épisodes n''est que succession de situations mille fois filmées, avec les poncifs du genre, les personnages caricaturaux (le bon maire, le bon curé, le bon directeur d'école, le bon policier, le bon gendarme, chacun flanqué du bon patron collabo pour faire tourner son entreprise, du flic pourri à vomir, des flics crétins bons fonctionnaires et sans état d'âme, du sous-préfet (aux champs?) à la fois défenseur de la population "bien française" et pourfendeur des anti-nationaux... 

 

©2012 France Télévisions

 

Il y a les juifs persécutés héroïques et les juifs lâches, les femmes et les hommes bon catholiques et nantis, comme de bien entendu, qui haient les "youpins", les enfants sans opinion qui n'y comprennent rien et qu'on manipule...

 

Toutes les situations "classiques" sont mises en scène: la débâcle et la panique, la déconfiture de l'administration, les petites et grandes lâchetés, les fausses haines et les vrais faux-fuyants, les demi-collabo et les résistants-terroristes d'occasion, les conflits politiques mesquins et souterrains (Gaullistes contre parti communiste), les otages après les attentats assassins, le train de raflés (qui fait étape dans le village car il fallait à tout prix montrer un convoi de déportés), le prélude à l'enfer de familles juives arrêtés confinées entre les murs de l'école communale, etc. 

 

Si on veut voir et connaître l'horreur crue des rafles juives, c'est le film de Roselyne Bosch° qu'il faut regarder.

 

Un microcosme image d'Epinal

 

Un microcosme image d'Epinal du cauchemar de l'occupation. Les concepteurs de la saga, visiblement, ont voulu TOUT DIRE (tout "reconstituer") dans une saga à rallonges, s'efforçant de fidéliser le téléspectateur en lui jetant en pâture des personnages typés à l'extrême et cependant psychologiquement incohérents d'un épisode à l'autre - et selon les nœuds dramatiques -, aussi peu crédibles que possibles. Et dire que chacun des personnages de la fiction avait son "parrain" (un psy?) pour en assurer la crédibilité du profil (voir le générique quand il fait état de "l'atelier d'écriture")!

 

Le Village français n'est pas la chronique d'un village sous l'occupation mais bien celle d'une entité caricaturale plutôt urbaine, où les scénaristes ont voulu rassembler, resserrer, des évènements (lourds) qui n'ont guère pu se passer, en réalité, dans une seule et même (petite) commune, qui plus est rurale. Mieux eût-il fallu que nos narrateurs choisissent une vraie Ville française, suffisamment peuplée pour être le grand foutoir d'après la débâcle. Raconter vraiment la vie au quotidien des habitants d'une petite commune de nos campagnes, avec les dérives de l'époque, les magouilles politiciennes, la collaboration du petit peuple, par passivité ou peur, l'influence insidieuse de l'idéologie pétainiste, sans laisser croire que tout un "village" était la pépinière d'héroïques résistants, eût été autrement plus intéressant et, finalement, utile.

 

©2012 France Télévisions

 

La France occupée... à s'envoyer en l'air!

 

Au lieu de cela, nos scénaristes de métier, fiches stéréotypées à l'appui, ont habillé des faits historiques, qui se sont passées ici et là dans l'Exagone, d'une narration très série "prime-time", en forçant exagérémment et sans retenue sur les histoires de c... Car de la fesse, il y en a dans ces épisodes! A croire que sous l'occupation, le Français, lâche collabo, tortionnaire ou résistant indéfectible passait quasiment le plus clair de son temps trouble à s'envoyer en l'air, autrement que sur des mines de guerre! Tout le monde couche avec tout le monde: même la bonne épouse du bon docteur Larcher se donne sans compter à l'infect SS, revenant à lui sans sourciller pour se faire sauter (non pas la cervelle) malgré que son gestapiste d'amant lui ait raconté les horreurs qu'il a commises sur le front russe... Certes, pendant l'occupation, la France vivait mal mais vivait mâle aussi. Mais je subodore que le spectateur qui veut voir un Village français sous l'occupation désire plutôt autre chose que des scènes réitérées de coucheries à tout va. Il n'y a guère que le directeur-d'école-puceau-quadragénaire qui a du "mâle", dans ce grand bordel, à faire... son trou!

 

Une série qui exploite sans vergogne

le drame de l'occupation-copulation

 

Ceci dit, si l'on se défait des ficelles trop grosses et noueuses, si l'on fait abstraction des scènes d'action convenues, des intrigues cousues de fil couleur de sang résistance-collaboration, trahisons-répressions, et autres sauf-conduits arrachés par les fesses (l'intrigue ridicule entre le policier Marchetti et la juive Rita), de toutes ces historiettes qui se suivent et se ressemblent, à peine déguisées, on peut apprécier le soin de la reconstitution visuelle: décors, accessoires, costumes..., et la pertinence de certaines informations historiques, ces détails que l'on n'a pas le temps de développer dans un unique long métrage. En cela, sans doute, on peut remercier M. Azéma d'y avoir apposer un peu de son empreinte (encyclopédique) sur le sujet. Mais ce M. Azéma est comme tous les universitaires: son savoir est puisé dans les livres, les documents écrits par d'autres, les témoignages de gens qui ne sont plus de ce monde ou qui, encore vivants, ont des souvenirs qui leurs sont personnels et qui sont le récit de leurs vécus à eux... Pour le reste, les réalisateurs ne font que répéter ce qu'ils ont eux-mêmes vu déjà à l'écran, films et téléfilms fabriqués par leurs prédécesseurs: d'où de nombreuses séquences qui ne sont que des redites sans véritable intérêt, que le seul fil narratif réussit à rafraîchir un peu - si on n'est pas regardant sur la crédibilité et peu exigeant sur la qualité fictionnelle, pitoyablement médiocre. C'est sûr, notre service public audio-visuel a voulu faire du "commercial" sous couvert de pédagogie. Les petits courts "docu" complémentaires qui clorent la soirée, si intéressants soient-ils, ne sont là que pour la caution... morale.

 

©2012 France Télévisions

 

Heureusement, les épisodes sont sauvés par une excellent qualité d'interprétation générale, quelques exceptions mises à part, avec un gros bémol sur le choix de quelques comédiennes pour des rôles qui, malgré leur énorme talent, ne sont vraiment pas pour elles (un casting inégal qui frise pour quelques personnages la faute professionnelle grave!).

JO

Scénario : Emmanuel Krivine

Réalisation : Philippe Triboit et Patrice Martineau
Produits par Jean-François Boyer et Emmanuel Daucé
Une production Tetra Media Fiction et Terego

 

Avec Robin Renucci (Daniel Larcher), Audrey Fleurot (Hortense Larcher), Thierry Godard (Raymond Schwartz), Emmanuelle Bach (Jeannine Schwartz), François Loriquet (Jules Bériot), Marie Kremer (Lucienne), Nicolas Gob (Jean Marchetti), Nade Dieu (Marie), Nathalie Cerda (Madame Morhange), Cyril Couton (Servier), Laura Stainkrycer (Sarah), Patrick Descamps (Henri de Kervern)…

Abraham Lincoln Chasseur de Vampires...

...à sang pour cent étasunien!

réalisé par Timur Bekmambetov° produit par Tim Burton°

Sorti le 8 août 2012

Synopsis de la production

Cette histoire "dévoile la vie secrète d’un des plus grands présidents des Etats-Unis, mais aussi l’histoire cachée qui a forgé toute une nation. L’œil neuf et l’énergie viscérale des cinéastes visionnaires Tim Burton et Timur Bekmambetov (Wanted) donnent corps au mythe sanglant des vampires, imaginant Lincoln dans le rôle du plus grand chasseur de morts-vivants de l’Histoire."

Voilà un vrai spectacle cinématographique (et non point la projection d'un jeux de rôles ou d'un prototype de PlayStation) servi en une authentique "trois dimensions", avec un relief réaliste et d'excellente facture, non saturé, pas comme ces faux reliefs où premiers et arrières plans se superposent comme dans un découpage pour enfants.

© Twentieth Century Fox Film Corporation

L'histoire, adaptée du roman éponyme de Seth Grahame-Smith (2010), best-seller en 2011, met en lice le futur 1er président des tout nouveaux Etats-Unis, un chef vampire genre comte Dracula, et un énigmatique et atypique chasseur de vampires - dont je tairais les motivations exactes pour ne pas dévoiler l'un des étranges mystères de cette aventure, rocambolesque tout autant que sanguinolante. Car du sang, il en gicle sur vos lunettes noires à 1€! Ça éclabousse, ça s'étale, vous en recevez plein la gueule! Ça étripe, ça découpe, ça ampute, ça décapite à tout va: les têtes tombent à vos pieds, les corps pendent, à demi nus, tête en bas, pour être saignées... Du gore, vous en avez à satiété, dans des décors à la fois réaliste ou fabuleux, que ce soit en extérieurs ou en intérieurs.

 Intérieurs jour et intérieurs nuit

La mise en lumière est exquise (bravo les éclairagistes!), l'image est léchée sans se départir de la crasse, de la poussière, de la sueur, du sordide quand il le faut. Tout cela fait un amalgame sublimé du réel et du fantastique. Les personnages sont crédibles, pas trop typés, donc conservent cette part d'humanité qui les rend davantage attachants ou haïssables ou effrayants.  La transformation instantanée des vampires se fait quand il le faut et sans exagération d'effets spéciaux. Les suceurs de sang sont vraiment dignes des descendants du comte Dracula et ne sont pas les fréros ridicules des zombis latex ou numériques inconsistants des habituelles productions de série B. Lincoln est un homme blessé par ses souffrances enfantines puis en tant que père et mari, pétri d'humanisme et fragilisé par ses propres contradictions (rôle remarquablement interprété par Benjamin Walker°). Son comparse et initiateur  Dominic Cooper° est tout aussi excellent. Rufus Sewell° (Adam) est un Dracula américain admirablement campé, charismatique et terriblement dérangeant dans ses certitudes vampiriques. Mention spéciale pour le jeune e garçon qui interprète Abraham enfant: Lux Haney-Jardine fait une prestation ahurissante, très forte émotionnellement (bravo à son responsable artistique!).

  

© Twentieth Century Fox Film Corporation

Linc'homme

à la hache d'argent

© Twentieth Century Fox Film Corporation/Montage de la rédaction


Encore une apologie de l'Amérique (du Nord)

défenseuse des libertés

et pourfendeuse de toutes (?) les oppressions!


Mais bon, le monde (la planète, excusez du peu) sauvé par les étasuniens: on a l'habitude! Subir ce message (clairement énoncé et non en filigramme) est le prix à payer pour déguster la pâtée hollywoodienne, fût-elle de bonne qualité! Alors, on fait abstraction...

Jeu de console à vendre!

...dans la scène du train - j'en dirais pas plus -, une sorte de duel infernal (au propre comme au figuré) entre le bien et le mal - entre un Indiana-Jones et un Belloq de BD -, exagérément irréaliste et trop artificiel! Evidemment, les scènes de combats n'échappent pas à la mode actuelle des images Play Station. Une séquence-cavalcade particulièremient époustouflante et atypique (totalement pas crédible) nous offre des images magnifiques de couleurs, de mouvements et de... chevaux!

Tout cela nous fait un long métrage de 1h45 inégal en réussite mais globalement beau et passionnant. 

Le lendemain de la séance, il m'est venu subitement l'envie de le revoir au plus vite: soif de sang?

JO


Photos

de tournage

© Twentieth Century Fox Film Corporation

Le site officiel c'est ici!

 

The Dark Knight Rises: sombre et fatal!

CINE-MASQUE

Quand Hollywood met du noir dans les salles obscures



Synopsis de la production

"Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S'accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l'arsenal de lois répressif initié par Dent. (...) Bane, terroriste masqué, compte bien arracher Bruce à l'exil qu'il s'est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n'est peut-être plus de taille à affronter Bane…"

 


Bruce Wayne (Christian Bale°) est un homme attachant... et attaché, au fil des trois films de Christopher Nolan° (Batman Begins en 2005 - The Dark Knight, Le Chevalier Noir en 2008) où son humanité charismatique vous éblouit dans la pénombre glauque de Gotham City. Voilà un "super-héros" qui a des sentiments très proches des votres, ses faiblesses, ses petites lâchetés (fugitives), ses contradictions, ses interrogations, ses déprimes... On aime cet homme épris de justice et défenseur des faibles et des enfants. Il endosse la carapace du justicier sans peur et sans reproche, révolté quand il le faut, contre la tyrannie du crime et de la corruption.


Attachant... et "attaché"... à un rôle dont il ne peut, finalement, se défaire quand bien même il en a décidé, désabusé par la constance, la renaissance perpétuelle, du crime, du mensonge, de la cupidité meurtrière. Ah! il doit enfin respirer! notre Batman/Bale, de prendre sa retraite... en charmante compagnie! Christopher Nolan l'a déclaré (promis-juré?) qu'il ne tournerait pas de 4ème volet... à son tryptique!

 

Christian Bale (Batman) et Michael Caine (Alfred) nous font des interprétations magistrales!

© Warner Bros. France

 

Tout le monde il est pas beau, tout le monde il est pas gentil!

 

C'est un beau film d'action, brillant (!) avec un scénario extrêmement sombre, mettant en évidence la duplicité des humains dans les sociétés urbaines, leur lâcheté, leur bêtise... Même les "bons" sont révélés finalement plutôt mauvais! Des personnages qu'on avait appris à aimer, dans les deux premiers films, nous sont révélés, au bout de la narration, pas très clairs - dans leurs motivations, leurs certitudes - par exemple Le commissaire Gordon (Gary Oldman°). Quant à Batman, désabusé après... 3 films donc, il remet en question sa défense de la société, considérant qu'il a assez donné et qu'elle n'en vaut guère la peine (à méditer)!

 

Disparaître sans laisser d'adresse?

 

Intéressant de la part du cinéma hollywoodien, non!

  

Seuls les enfants (un avenir meilleur?) et un jeune policier qui a la foi -et la perd-, sont montrés dignes de survivre et de protection.

 

Un orphelinat dans le manoir Wayne vidé de Bruce et de son majordome Alfred (remarquable interprétation de Michael Caine°), géré par l'inspecteur défroqué - et futur homme-chauve-souris pour la relève? A voir pour une suite non annoncée...

 

Un long métrage beaucoup... trop long (2h44) qui aurait été exquis s'il avait été amputé de quelque 45 minutes inutiles et lavé de scènes aussi peu crédibles que décalées: je ne parle pas des scènes d'action mais des parlotes sans fin et lénifiantes du genre de ceux que l'on entend dans les Star-War - rapport entre les forces des ombres et les forces de la lumière - le bien, le mal, etc. -, de ces situations bizarres qui transforment Batman en justicier déchu et vidé de ses forces mêmes, avec ses accessoires d'opération soudain inefficaces, qui placent l'homme-chauve-souris dans un univers d' Heroic Fantasy ou font d'une brute sanguinaire une femmelette pleurnicharde... Je suis gêné aussi par l'étonnant et peu crédible revirement de la lionne sans peur et insensible Selina (Anne Hathaway°) et le rapport (contre-nature?) qui va la lier au justicier noir ...

 

...pour conduire à cette idylle-apothéose de la chute (finale?): assez peu acceptable! 

 

Mais bon, ne boudons pas notre plaisir...

 

A noter la présence intéressante de la comédienne française Marion Cotillard° dans le rôle ambigu de Miranda. Crédible globalement quand elle nous met mal à l'aise en sa présence et qu'on subodore quelque duplicité, ridicule quand elle rend le dernier souffle... (dommage).

JO

lundi, décembre 17 2012

Sherlok Holmes au théâtre avec un inédit!

DEPUIS QUE LES TEXTES DE M. CONAN DOYLE

sont «tombés» dans le domaine public,

de nombreux fantômes du célèbre détective privé hantent

le 221B de la rue Baker Street…

de sherlock a wiggins l'heritage de baker street


Sir Arthur Conan Doyle, né en 1859 à Édimbourg est mort le 7 juillet 1930. Son œuvre littéraire, depuis le début des années quatre-vingt-dix, est donc offerte à tous les gens de plume, cinéastes, graphistes, auteurs de BD, comme source d'inspiration pour des œuvres apocryphes…


Un Sherlock aurait-il sa place dans la recherche des criminels du 21ème siècle?

L’essence même du  personnage de Sherlock Holmes réside dans la spécificité de cette époque des piétinements policiers, avec sa boue dans les rues glauques d’un Londres gommé par un brouillard à couper au couteau (de Jack l'éventreur?), ses fiacres mystérieux, ses policemen à sifflet…

Passionné depuis mon enfance par la lecture des enquêtes (les vraies) du détective de Baker Street, j'ai été élevé - si j'ose dire -, par une série en noir et blanc (époque où il n'y avait qu'une chaîne à la petite lucarne) librement mais assez respectueusement inspirée des histoires de Conan Doyle! Il y a eu, parallèlement, ma lecture de quelques textes eux-mêmes, ceux que les "holmésiens" appellent "du canon", à commencer, bien sûr, par les grands "classiques": Étude en rouge (1887) puis Le signe des quatre (1890)...

Quelques bons longs métrages du cinéma m'ont, bien sûr, laissé des traces!


Et le théâtre dans tout ça?

De nombreuses adaptations ou histoires apocryphes ont été montées pour les planches. Notamment "Under the Clock" , comédie musicale de Charles Brookfield en 1893 (le premier en date?) au Royal Court Théâtre de Londres. Des spectacles modernes ou comédies musicales peuvent être encore à l'affiche ici et là. Nul doute qu'avec les adaptations cinématographiques et télévisuelles très "public ado", depuis 2008, avec les films de Guy Ritchie ou de Cumberbatch pour la BBC, une vogue de sherlock-mania est en train de poindre son nez... aquilin (Sherlock Holmes n'est-il point connu pour son nez aquilin!). Alors pourquoi ne pas se faire plaisir en écrivant, à son tour, une enquête "inédite", forcément apocryphe, du plus grand détective du monde? Et pourquoi ne pas le faire pour le théâtre?


Le projet était en gestation depuis 2010. J'en ai discuté avec l'un des jeunes comédiens de la Compagnie Gérard F, lui-même "fan" du détective de Baker Street, et nous avons décidé de créer "notre "enquête à nous, avec un regard de "gens de théâtre" sur l'écriture...  L'esquisse, sous forme plutôt littéraire, disons "romanesque" est bien avancée. L'adaptation pour la scène suivra, aisément puisque l'unité de lieu (un seul décor: le salon de Baker Street) et un nombre de personnages réduits apparaissent sur le papier.


Parallèlement à l'écriture du manuscrit, la préparation matérielle est commencée! Déjà, une somptueuse robe victorienne "à tournure" vient de naître dans les ateliers de costumes de la Compagnie!  Viendra l'accoutrement "de guenilles" de Wiggins, gamin des rues futés, collaborateur occasionnel (avec sa bande de gosses dépenaillés) du détective londonien... C'est que le projet est en continuité de la ligne habituelle de la compagnie valentinoise (de Valence, en Drôme, une lointaine province!): respect de l'identité des personnages et de l'esprit de l’œuvre, sans "dépoussiérage" ni modernisation contemporaine. Eh oui!  sur la scène, on (re)trouvera un authentique Sherlock, un vrai Watson et un Wiggins à la hauteur (c'est-à-dire pas très grand!) de leurs modèles originaux! Costumes d'époque (victorienne). Mobilier et accessoires authentiques et non anachroniques. Jeu naturaliste et cinématographique... C'est l'image de marque de la compagnie.


Une "lady" aussi belle qu'élégante, intrigante à souhait (une sorte d' Irène Adler?), vêtue de sa robe à tournure et de sa coiffe à plumes d'autruche, sera "la Visiteuse" de service, la personne qui sollicite M. Holmes pour résoudre une affaire délicate et plutôt mystérieuse... Détail important: les deux colocataires de Baker Street se sont retrouvés dans leur appartement de célibataires après une longue séparation (deux mariages du docteur Watson) et une "fausse" retraite du détective, dans le Sussex, où il s'était retranché pour étudier les abeilles! On l'aura compris: Sherlock et John auront pris un sérieux "coup de vieux"! Quant à M. Holmes, celui-ci est (re)trouvé plutôt accroc à la cocaïne et donc considérablement diminué quant à ses moyens d'investigation... Le jeune gamin des rues Wiggins, le numéro deux, Oliver Twist et Gavroche à la fois, à la gouaille bien pendue (si j'ose dire), digne successeur du premier Wiggins (celui du "canon" de Conan Doyle) va peut'êt'ben sauver les meubles - ou plutôt rectifier le mauvais tir du quasi infaillible détective!


L'intrigue vous intéresse? vous pouvez déjà en goûter les prémices (les prémices seulement!) sur le site De Sherlock à Wiggins.


État du projet théâtral (prévisions pour 2013/2014)

Distribution (incomplète au jour de la rédaction de cette note): Sabine LENOËL, Gérard FOISSOTTE, Thibaut GUILLOT (dans le rôle de Wiggins en alternance avec d'autres jeunes comédiens). Un casting est en cours pour les multiples Wiggins et le docteur Watson.

Diffuseurs et programmateurs: contact dès maintenant au 04.75.56.07.64 ou par courriel via notre site compagnie gerard f



vendredi, décembre 7 2012

L'Héritage de Baker Street : une enquête inédite de Sherlock HOLMES! par la Compagnie Gérard F

Un texte apocryphe spécialement écrit pour la scène

Vignette SH

Avec le docteur Watson, le gamin des rues Wiggins, et une "lady" aussi belle qu’intriguante!

Costumes victoriens, interprétation naturaliste, décor d'époque.
Distribution professionnelle en cours: Sabine LENOËL sera La Visiteuse, Gérard FOISSOTTE interprètera Sherlock... Pour le docteur Watson, l'inspecteur Lestrade et Wiggins, les castings sont en cours... 


Confection robe 1
En confection en décembre 2012, la splendide robe victorienne de la mystérieuse Lady!









Programmateurs, acheteurs occasionnels de spectacles, diffuseurs, vous êtes intéressés? faites-le nous  savoir!

Contact au 04 75 56 07 64

Ecole d'acteurs de la Compagnie Gérard F pour enfants, adolescents, adultes...

Cours d'art dramatique

particuliers ou en groupes de 2 ou 3 élèves
pour enfants à à partir de 10 ans (dérogation possible pour 8 à 10 après audition) et adultes.

Il ne s'agit pas "d'ateliers théâtre" mais d'une formation personnalisée destinée à donner à chaque élève les bases nécessaires pour développer ses aptitudes à la comédie.

action!

Le cours est dispensé par Gérard Foissotte, directeur artistique de la Cie, conteur depuis 1983 puis comédien depuis 1993 (élève au Cours Florent en 2001), auteur et metteur en scène, concepteur et animateur d'atelier de théâtre et sur le conte en milieu scolaire et centres de vacances : il a formé en 2005/2006 les deux adolescents de 14 ans qui ont fait une interprétation remarquée du premier rôle de « Antoine le Maudit », première création de la Compagnie, au Théâtre de Valence, le 14 avril 2006. Autres élèves remarqués: le jeune garçon et la jeune femme sur le plateau de "Fils de personne", le 10 décembre 2009 à Valence et au Off d'Avignon.

La pédagogie du cours repose sur le développement de l'expression orale et gestuelle en privilégiant la recherche de l'émotion. Cette approche a pour fondement essentiel un travail technique destiné à exprimer des sentiments forts (la colère, la joie, la tristesse, la peine...) et à maîtriser l'élocution. Ce n'est pas la technique vocale ni le savoir-faire théorique qui font la crédibilité d'un "personnage" mais l'émotion que l'acteur sait provoquer en lui-même. La diction, la respiration, l'énergie vocale font l'objet d'exercices préliminaires avant chaque cours mais la part belle est faite à la recherche de "l'empreinte" émotionnelle. Cet enseignement est très exigeant et demande à l'élève une réelle motivation. Les séances de travail ne sont pas des moments ludiques et on n'y pratique pas des jeux d'improvisation. Les cours sont essentiellement particuliers mais peuvent être donnés épisodiquement en groupe de 2 ou 3 élèves de tous âges.

L'activité ne débouche pas sur la présentation d'un "spectacle de fin d'année" mais peut faire l'objet d'une audition publique. Le nombre d'élèves est limité : RECRUTEMENT SUR AUDITION. Enfants à partir de 10 ans (dérogation après audition pour les 8 à 10 ans), ados et adultes.

Seuls les candidats ayant des projets artistiques (théâtre amateur ou pro, castings, vocation au métier...) sont admis. Ce cours ne s'adresse pas aux personnes cherchant un "développement personnel" ou autre thérapie...

TARIF
De 12 à 18 ans : 60 euros pour 4 séances hebdomadaires de 1h30.
De 18 à 25 ans : 95€. A partir de 25 ans révolus : 120 euros pour 4 séances hebdomadaires de 1h30.
Après une période d'essai de 4 séances sur 4 semaines, l'inscription devient définitive pour des périodes de 12 séances payables d'avance, renouvelable de date à date. ATTENTION! nombre de places restreint.

L'inscription se fait toute l'année et les cours débutent à tout moment. Les horaires sont personnalisés.

SESSIONS SPÉCIALES (STAGES) occasionnelles et sur demande, notamment en périodes de vacances scolaires : nous consulter par courriel


dimanche, novembre 11 2012

La photographie de plateau... un métier d'art!

Fils de personne par la Compagnie Gérard F

Les artistes et metteurs en scène de théâtre le savent: restituer le "visuel" d'un spectacle, surtout en respectant sa mise en lumière est une gageure... pour qui n'est pas un spécialiste! Qui plus est, tous les appareils de prises de vues ne sont pas adaptés à cette opération. Enfin, la photographie de plateau ne peut se faire correctement pendant une représentation, puisque l'opérateur a besoin d'être dans l'espace de jeu et de s'y déplacer, pour saisir les bonnes prises, du bon angle, et évoquer avec son regard de photographe (et d'artiste) la densité d'une action, d'un geste, d'une attitude et en faire partager l'émotion...

Une "générale" est donc propice à ce travail de "créateur" d'art graphique qu'est le photographe de plateau. Évidemment, la prestation se paie à un tarif professionnel, mais la compagnie théâtrale aura largement des compensations à cet effort budgétaire: de belles images, exploitables en haute définition, pour la promotion, l'illustration de ses plaquettes, les affiches, les souvenirs. De surcroît, la qualité parfaite "HD" des photos numériques, livrées sur CD, permettra un redécoupage selon les besoins, un recadrage précis, esthétique, avec force détails (costumes, décors, accessoires, visages, gestes...). Les "effets lumière" du "plan de feu" seront respectés, la mise en lumière choisie par le metteur en scène contribuant à l'expression de ses intentions artistiques.

Au bout du compte, les images fabriquées par le photographe vont non seulement témoigner visuellement de ce qui se passe sur scène mais aussi, grâce aux talents de l'opérateur, devenir, chacune, de véritables tableaux d'artiste! Car si le photographe n'est pas le créateur de la lumière, il saura l'utiliser habilement (l'éclair de flash étant proscrit), selon son goût et sa perception de ce qui se passe sur la scène.

Pour Fils de personne, la Compagnie Gérard F avait sollicité un professionnel de talent, habitué aux plateaux de théâtre. Éric MINODIER avait préparé son travail de prises de vues en étudiant auparavant, sur papier, le déroulement du spectacle, les actions fortes, guidé par les vœux du metteur en scène. Un "cahier des charges" avait été rédigé, une discussion préliminaire engagée par téléphone, un encadrement qui laissait cependant une large place d'autonomie et de liberté à l'opérateur. Dans le cadre des photos obligées, le photographe avait carte blanche pour s’abandonner à sa propre inspiration.

SILENCE ASSOURDISSANT... sur l'anniversaire de la mort d'un grand auteur!

plaque de rue

1972-2012... 40 ans!


Quinze écrivains

et hommes de théâtre

évoquent Montherlant

Montherlant aujourd'hui"Évidemment, sa dépouille juste refroidie, Montherlant en a pris pour son grade, et les charognards, admirateurs déçus et par là plus cruels encore, ne boudèrent pas le festin.

 (...)

"Que penser alors du silence entourant cet anniversaire, si ni une politique douteuse ni une biographie tronquée ne l’expliquent?  Romaric Sangars, dans l’ouvrage collectif cité plus haut, parle de Montherlant comme d’un professeur d’énergie. Certes, cela suffirait à donner les clés du mépris qu’une époque dépressive éprouve pour ceux qui enseignent la force et le courage.

 "Mais il nous semble que c’est, plus encore que l’énergie, l’esprit classique qui insulte nos contemporains et leur font oublier, hypocrites, Henry de Montherlant. Comment une époque qui a réussi à joindre en un même mouvement prétendue innovation littéraire et nullité stylistique, engagement pour des idées et pauvreté philosophique du fond, parviendrait-elle à comprendre un esprit pour lequel tout est un : fond, forme, esthétique et métaphysique ? Comment une époque qui consacre Sartre mètre étalon de la pensée, Derrida grand inventeur de la faute d’orthographe en forme de concept et Deleuze commentateur d’une folie qu’il ne connaît pas et avec laquelle il s’amuse pour faire genre, peut-elle appréhender un Romain d’âme et de mouvement ?

 (...)

 "Mais Montherlant ! Ce prophète de l’instant réclamait le passé en guise de valeur et, déjà de son vivant, se moquait de son temps. Comment alors le reconnaître à notre époque ? Plus précisément comment notre époque pourrait-elle le reconnaître ? Elle qui maudit le passé, la plupart du temps perçu comme réactionnaire et qui attend un futur qui n’arrivera jamais autrement que dans ses fantasmes. Cet anniversaire oublié, par hasard ou pas, que nous apprend-il ? Que nous ne respirons pas à la hauteur où Montherlant respirait, tout simplement."

 Extrait de Montherlant aujourd’hui, Christian Dedet, Éditions de Paris (2012)


Propos corrosifs du grand auteur atypique:

« Peur de déplaire, peur de se faire des ennemis, peur de ne pas penser comme tout le monde, peur de peindre la réalité, peur de dire la vérité. Mais, en fait, ce sont tous les Français qui, depuis le collège et dès le collège, ont été élevés sous le drapeau vert de la peur. Résultat : le mot d’ordre national « Pas d’histoires ! » ; la maladie nationale : l’inhibition. Depuis près d’un siècle, depuis vingt ans plus encore [texte écrite en 1918] on injecte à notre peuple une morale où tout ce qui est résistant est appelé « tendu », où ce qui est fier est appelé « hautain », où l’indignation est appelée « mauvais caractère », où le juste dégoût est appelé « agressivité », où la clairvoyance est appelée « méchanceté », où l’expression ‘ce qui est’ est appelée « inconvenance » ; où tout homme qui se tient à ses principes, et qui dit non, est appelé « impossible » ; où tout homme qui sort du conformisme est ‘marqué’ (comme on dit dans le langage du sport) ; où la morale se réduit presque exclusivement à être « bon », que dis-je, à être «gentil», à être aimable, à être facile ; où la critique se réduit à chercher si on est moral, et moral de cette morale-là.»

Extrait de L’équinoxe de septembre, novembre 1938, p.843

bandeau monherlant GF

samedi, novembre 10 2012

LA BÊTE DU GÉVAUDAN au pied de l'arbre de Noël?

Un drôle de nounours pour Noël!

Et si l'on invitait LA BÊTE DU GÉVAUDAN à notre arbre de Noël ?


Un comédien costumé raconte l'aventure et interprète les personnages de l'histoire. Sous le règne du Roi Louis XV, en Gévaudan, la Ravageuse dévore les jeunes bergers et bergères... Les chasseurs d'élite envoyés par le Roi ne parviennent pas à éliminer la Tueuse. L'acte héroïque d'un enfant, Joseph, fils d'un pauvre paysan, va ridiculiser les hommes armés, demeurés impuissants. C'est le récit d'une aventure mystérieuse où les évènements effrayants alternent avec les anecdotes amusantes. Plusieurs fois pendant le spectacle, des enfants sont invités à venir se joindre au comédien pour jouer des rôles. Ce spectacle peut être présenté sur une très grande scène.


Affiche BG

Ce spectacle, qui a déjà été vu depuis sa création en 1996 par plusieurs milliers d’enfants (et pas mal d’adultes) - quelque 7000 spectateurs-, est rôdé jusqu’à la corde et se bonifie en vieillissant, enrichi et renouvelé à chaque représentation par la participation active de gamins, et leurs espiègleries qui déclenchent l’hilarité (il faut bien exorciser les peurs de cette terrifiante histoire vraie), souvent en “communion” surprenante avec le public. Il continue sa carrière!


Tous les évènements racontés sont puisés à des sources dont l'historicité n'est pas contestée.

Durée du spectacle adaptée aux arbres de Noël (en version courte): environ 60' - à partir de 4 ans (public familial)

Contact

images du film


jeudi, novembre 18 2010

La Bête du Gévaudan: enfin LE FILM du spectacle de la Compagnie Gérard F!

La BANDE ANNONCE du film est en ligne sur le web!

ENFIN LE FILM du spectacle! 

Monté avec la captation du spectacle éponyme un soir d'été sur une pelouse du massif du Vercors, en représentation publique, avec de nombreux enfants et familles... Adaptation audiovisuelle abondamment illustrée d'images additionnelles, tel un album de conte, pour servir un récit fidèle d'évènements dont l'historicité n'est pas contestée. Les enfants participent très activement en tenant des rôles. Avec des bruitages et une musique originale de qualité. Des dessins d'enfants remarquables de précision enrichissent l'habillage du film. Un film qui fera ... rire de peur en famille! 

La vidéo sur CD (1h16) peut être commandé sur le site de la Cie Gérard F.


jeudi, septembre 9 2010

La Bête du Gévaudan superstar!

La VRAIE histoire est bien plus passionnante que la fiction!

C’est ce qui est écrit sur l’affiche et c’est aussi l’avis du public de cet été, chaque semaine plus nombreux à assister à la représentation du spectacle de la Cie Gérard F, en soirée, sur la pelouse et sous les étoiles, dans un camping du massif du Vercors. Présenté avec le label ’spectacle familial’, il s’agit en effet d’un spectacle ‘jeune public’ pour les 4/5 à… 77 ans! Près de 15 ans de succés pour cette mise en scène interactive de la fameuse affaire qui secoua le royaume de France, sous le règne du Roi Louis XV. Les enfants aiment avoir peur avec des histoires réalistes et les adultes sont captivés par les énigmes de cette veine, dont les évènements authentiques sont autrement plus palpitants que les fantaisies de certaines cinématographies à la sauce hollywoodienne! Le secret de cette réussite unanimement saluée par les spectateurs de tous âges réside dans le fait que le récit est un savant mélange de rigueur historique et d’humour à vif, de suspens et de recul nécessaire pour se divertir de faits divers pourtant tout aussi atroces qu’incroyables… Les tableaux sont hauts en couleurs (avec un rouge sang qui ne les épargnent pas), liés les uns aux autres par un fil narratif sans faille, où les anecdotes objectivement amusantes se disputent aux évènements terrifiants et mystérieux.

Magie du théâtre narratif bien élaboré, conséquence heureuse de l’interactivité avec les jeunes spectateurs (tour à tour paysans, dragons du Roi, bête ou victimes)… Une occasion rêvée pour “jouer au loup” avec une bête qui, justement, n’en est pas un!

 Au fait, les contes les plus ‘classiques’ et les plus populaires ne sont-ils pas inspirés de faits divers aussi sanglants que révoltants (Barbe Bleue que l’on attribue aux crimes de Gilles de Rais, ou Le Petit Poucet et bien d’autres histoires horribles que l’on raconte aux petits avant qu’ils s’endorment!) Mettre en scène les drames d’autrefois nourrit l’imaginaire en exorcisant les peurs basiques; contrairement à l’étalage des atrocités et catastrophes hypermédiatisées dont les télés nous abreuvent, ces épouvantails de théâtre provoques des émotions inoffensives - en trois dimensions!

 Avantage du théâtre!



samedi, mai 8 2010

Réveil des consciences… (à propos de la Journée de la déportation)

REVEIL DES CONSCIENCES…

Avec la Journée de la déportation, le dimanche 25 avril, le bon peuple français, descendant des gaulois (?), avait l’occasion de se regarder dans un miroir et de se dire: “Si j’avais vécu à cette époque, qu’aurais-je fait?”

 

Plus que jamais - ou comme toujours (!) - les populations sont ‘guidées’, canalisées, conditionnées, par des gens (professionnels ‘qui font don de leur personne à la nation’ -sic-)  qui pensent pour eux, décident pour eux, agissent pour eux… Les principes défendus par des minorités agissantes et criantes - bien en sympathie avec les médias -, sont érigées en valeurs nationales, et sont affichées comme l’expression de la volonté du plus grand nombre. Des faits divers exceptionnels, ni plus ni moins nombreux que par le passé, ni plus ni moins révoltants que par le passé,  sont utilisées pour créer de ‘grandes causes’, susciter des peurs, des phobies, des psychoses, sont prétextes à des ‘mesures’ dont on annonces les effets définitifs, des communautés, grandes ou petites, sont pointées du doigt, à la faveur d’évènements anecdotiques hissés en ‘fait de société’… Les vieilles recettes des boucs émissaires ont toujours cours dans les officines politiciennes! Tout est prétexte à justifier plus de rigueur, plus de lois, plus de règlements, plus de surveillance, plus de vidéo-surveillance, plus de fichage, plus de flicage, plus de…

 

Un Fouchet (historique ministre de l’intérieur inventeur de l’infiltration et des méthodes policières ‘modernes’ sous Napo et ses prédecesseurs) serait aux anges, en 2010! Le moralisme de bon aloi nivelle les consciences, pervertit les âmes pures, engendre suspicion et repli sur soi… Le ‘tout sécuritaire’: “Dormez, braves gens! tout est calme dans notre bonne ville franchouillarde!”

 

Une journée de mémoire pour les déportés?  Un seul geste, un seul élan suffirait: se rendre dans une salle où est projeté le film “La rafle” de Jocelyne Bosch, et tout sera dit, la conscience vacillera, la remise en question des certitudes de chacun de nous s’éveillera… On n’écoutera (regardera) plus le JT de 20 heures avec la même complaisance, on n’entendra plus les paroles de bois de nos Politiques cravatés - de tout bord et de tout poil -, avec une oreille soumise…

 

Quand le cinéma fait office de leçon de civisme…il faut le crier sur les toits!

LA RAFLE de R. Bosch : monument d’histoire et leçon de cinéma !

LA RAFLE de Roselyne Bosch : un monument d’histoire et une leçon de cinéma !

CELA FAIT DEUX OU TROIS ANS que je me disais « Si j’étais cinéaste, j’essaierai de réaliser un film sur la rafle du Vel d’Hiv...» Si maintenant j’étais cinéaste, je me dirai «LE film est fait ; il n’y a rien à ajouter!»

A chacun sa mission... Roselyne Bosch a été touchée par la grâce de la Muse du 7ème Art, qui l’a désignée pour mettre en images le terrible épisode de cette histoire de France aux couleurs de sang et de haine... Elle et nul autre ne pouvait faire ce qu’elle a fait. Ce qu’elle vient de donner au cinéma est trop ‘inspiré’, trop parfait, trop ‘définitif’ pour que l’on se risque à un remake du sujet, sans exhiber ce qui ressemblerait, à côté, à un miroir terni et fêlé. La Rafle de Roselyne Bosch a quelque chose d’essentiel et d’inimitable : elle ressuscite des êtres qui ont existé avec une présence, une authenticité, une humanité qui éblouissent l’écran - ce qui est paradoxal puisque les évènements se situent principalement dans un contexte social et des lieux à vomir...

La cinéaste, ancienne journaliste, appréhendait de mettre en images un tel drame, de montrer l’inmontrable, de filmer l’enfer vécu par des familles entières, la violence, les coups, les humiliations subies par les pères, les mères, les enfants...

Les enfants... Roselyne Bosch dit, à propos de l’Holocauste : « C’est la première fois que des adultes s’attaquent spécifiquement à des enfants. avec pour objectif de les anéantir.(...) En fait, c’est une des raisons qui m’ont poussé à faire le film - et à le faire du point de vue des enfants. Mais j’ai longtemps pensé qu’un tel film serait impossible. » (Extrait de l’entretien publié sur le site du film).

Moi aussi, je pensais qu’un tel film serait impossible. J’avais découvert l’horreur de la rafle du Vel d’Hiv dans le film produit par Delon (M. Klein) ; mais la belle histoire de M. Klein, merveilleusement interprétée et mise en images, qui m’avit remué les tripes, et qui avait le mérite de racontait avec force détail l’organisation minutieuse de la rafle,  sous l’égide de la Préfecture de Police, n’était pas celle du Vel d’Hiv. Il n’y était montré qu’une ‘représentation’, plutôt ‘papier glacé’, du rassemblement des raflés au Vel d’Hiv., émouvante mais d’une esthétique trop léchée... Le film de Roselyne Bosch est d’une autre veine. L’efficacité du scénario, la qualité de la photo, du montage, la justesse exceptionnelle des décors - extrêmement réalistes, jusque dans les plus petits accessoires -, le soin apporté à la crédibilité des costumes (usagés et sales quand il le faut), le jeu ‘humain’, très ‘charnel’ des acteurs, adultes et enfants, la bande son remarquable (musique et bruitages), font d’abord entrer le spectateur dans la vie de ces familles modestes, bien vivantes (dans leurs appartements qui auraient tant besoin d’un bon coup de peinture),  nous font partager leurs plaisanteries à deux balles, leur naïveté, leurs angoisses... Des familles comme les autres, avec leurs travers, leurs préoccupations futiles. Des papas, des mamans, des frères et soeurs qui se disputent et se chérissent.

Puis vient l’heure de la rafle.

L’horreur frappe, aux portes des juifs parisiens..., mais elle s’invite également dans la salle de cinéma. Le spectateur est ‘pris’ lui aussi, saisi parmi la foule terrorisée, effarée, incrédule... Les cris, les bousculades emplissent la salle. Le spectateur est au milieu des raflés («J’ai demandé à mes trois opérateurs de filmer comme en reportage.»). Puis nous voilà transportés (ou plutôt pénétrant) dans le vel d’Hiv... Un travelling d’anthologie : plan unique d’abord rapproché sur quelques mètres carrés de souffrance et de panique puis un lent recul du regard, pour embrasser enfin la totalité du vélodrome-de l’horreur ; avec la bande son qui vous y plonge irrémédiablement. Retour aux plans rapprochés : on pisse ou on défèque dans les coins. La puanteur de la promiscuité et de l’absence d’hygiène vous prend à la gorge. Les latrines débordent d’excréments. Le sol, les gradins, tout est infect...

Seuls les uniformes des gardiens de la paix et des gendarmes - qui vont griller une cigarette à ‘l’air libre’ le temps d’une pause -, sont impeccables.

Seuls les rires des gamins en culotte courte, qui courent sur le plancher incliné du vélodrome, y font des glissades, jouant avec insouciance, donnent une couleur d’espoir et d’humanité à une humanité qui est condamnée - et qui ne le sait pas encore. Ces hommes, ces femmes qui bavardent, s’interrogent, partagent une maigre pitance, se nourrissant de paroles rassurantes, sont si vrais, si ‘vous-même’ que, déjà, les larmes peuvent vous monter aux yeux... parce que vous savez ce qui les attend...

Roselyne Bosch a voulu faire une ‘fiction’ et non une reconstitution documentaire façon Frédéric Rossif. On sait qu’elle a raison : dans notre société hypermédiatisée et gavée d’images, seule une fiction consistante et bien écrite est capable de toucher le grand public. Choisir un casting prestigieux, confier les premiers rôles d’enfants à deux têtes blondes aux visages d’anges - notamment un petit Nono craquant à souhait -, ce n’est pas de la complaisance : c’est du professionnalisme ! Car ce film, véritable monument du cinéma tout autant que leçon d’histoire, a la signature d’une authentique et grande cinéaste. Les personnages y sont magnifiquement campés, pas clichés du tout, servis par des acteurs dont le talent participe à capturer le spectateur dans cette dramatique aventure inhumaine. Les Reno et Elmaleh, ainsi que les rôles féminins (notamment Mélanie Laurent et Sylvie Testud) ont su troqué leur notoriété contre leur personnage. Ils ne ‘jouent’ pas : ils ‘sont’. Quant aux enfants précités, leur frimousse avenante contribuent à rappeler que les SS et les pétainistes antisémites n’épargnaient pas plus les angelots que les vieillards... D’aucuns crieront « à la complaisance », mais il s’agissait de faire un film ‘lisible’, visible par tous et non pas un document fait que de noirceur et de barbarie. Un vrai scénario doit être une vraie histoire. La cinéaste a su utiliser avec habileté les ‘noeuds’ dramatiques qu’autorisaient les témoignages sur lesquels elle a construit son histoire, entraînant le public dans un récit bien enlevé, sans temps mort, lui permettant de s’attacher à tel ou tel personnage, chacun des spectateurs pouvant s’identifier à tel ou tel. Nous étant familiers, les principaux acteurs adultes facilitent d’autant cette identification - parce qu’on les connaît, parce qu’on les aime.

La direction des enfants acteurs est sans faille : rarement a-t-on vu au cinéma des gamins si vrais, si impliqués. Le jeune Hugo Leverdez ne cabotine pas : il est crédible de bout en bout, ses gestes sont justes, ses regards sont sidérants de vérité et d’à-propos et le petit Nono nous dit ses répliques avec un naturel bouleversant...

Un seul bémol à ma critique : la dernière séquence, illustration superflue d’un épilogue que le seul texte final avec, pour mention complémentaire, les destinées du jeune Joseph (et du petit Nono ?) aurait suffi à livrer. Le ‘fondu au noir’ sur le train d’enfants correspondait davantage au propos du film, car le noir de cette séquence permettait au spectateur d’imaginer la suite avec beaucoup plus d’impact émotionnel. J’ai cru, une seconde, que le film allait finir ainsi...

Montherlant à domicile ! avec Fils de personne...

Fils de personne (Montherlant - 1943), le nouveau spectacle théâtral de la Compagnie Gérard F

réunissant 4 comédiens dont un enfant, peut être présenté en théâtre à domicile (petite salle chez un particulier, une association, ou dans un grand salon...) devant un public familial (à partir de 10 ans). Il peut être joué avec un plateau artistique réduit à deux comédiens (un adulte et un enfant), les scènes occultées étant alors résumées d'une manière vivante...

« Un enfant est sacrifié par son père à une certaine idée que celui-ci se fait de "l'homme" (...), et par sa mère à un certain besoin que celle-ci a de "l'homme" (...): comme dans la dernière strophe de la complainte, c'est le petit mousse qui est dévoré (...)» (note de théâtre de HM)

GEORGES - Alors, c’est vrai, tu veux rentrer à Paris?
GILLOU - Mais non, je ne veux pas! C’est maman qui dit ça!
GEORGES - Enfin, à elle tu dis que tu veux rentrer à Paris, et à moi que tu ne veux pas. Je reconnais là ton petit art et tes innocentes roueries: complice avec moi contre ta mère, complice avec ta mère contre moi.
GILLOU - Moi, Paris ou Cannes, je m’en fiche. A Paris j’ai mes copains, mais ici il y a le soleil. Alors, l’un ou l’autre… (Acte I scène 3)

Détails et galerie photos sur le site http://compagnie.gerard.f.free.fr/index.php

Ce spectacle était présent en Avignon (Festival Off)en juillet 2009
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