Theatreaucoeur

Ecrire, opiner, discuter théâtre... Prioritairement, défendre un "autre théâtre" que le "tout-contemporain". C'est à contre-courant, c'est "ringard", c'est mal vu, c'est mal lu, mais ça existe l'autre théâtre! Prioritairement (bis), promouvoir et défendre l'oeuvre dramaturgique de Henry de Montherlant, sa littérature, sa philosophie "inclassable" et anti-consensuelle... Sa liberté de pensée et de "dire" (lui, c'était plutôt 'd'écrire' puisqu'il n'était pas à l'aise 'en paroles'), Défendre son oeuvre et l'homme, c'est défendre la LIBERTE de ne pas être étiquetable, de reconnaître ses dualités, de crier (écrire) tout haut ce que bien des gens pensent tout bas... La contradiction est bien venue, si elle est sincère!

samedi, mars 12 2011

Fils de personne en audition pour les professionnels le 4 mai à l'auditorium de la rue de Malte à Paris

Audition à destination des professionnels


exclusivement et sur invitation (directeurs de salles parisiennes jaugeant 100 places ou plus et périphérie)à l'Auditorium du Pôle Emploi Spectacle, rue de Malte à Paris (11è), le 4 mai 2011 en tout début d'après-midi. Présentation non intégrale en costumes de la création (décembre 2008) de la Cie Gérard F

"Fils de personne" de Henry de Montherlant


avec un plateau composé principalement de comédiens demeurant à Paris ou région parisienne. La distribution actuelle est sur notre site ainsi que sur Spectable. Les professionnels intéressés prennent contact avec le directeur artistique par téléphone ou courriel ici ou sur le site de la Cie.


Plaquette PDF sur demande.

Contact par courriel sur le site compagnie gerard f ou au 0475560764

samedi, janvier 29 2011

Le théâtre de Montherlant à Paris avec Fils de personne! Souscriptions...

Pour que Gillou Sandoval

monte à Paris!

IL EST AUSSI DIFFICILE pour une petite compagnie théâtrale de province de se produire à paris “capitale des arts et de la culture” (et aussi des monopoles et des nantis du spectacle vivant) qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille (sic un auteur mondialement connu et tombé dans le domaine public)! Des initiatives novatrices et atypiques se développent ici et là (plutôt là qu’ici), telle que, par exemple, “la coproduction par souscription” qui consiste à “intéresser” des particuliers au montage et à la diffusion (et à la réussite éventuelle) d’un spectacle théâtral… Pas bête! 

La petite (et inconnue) compagnie théâtrale que j’ai l’immense bonheur de diriger artistiquement, non subventionnée en ce début 2011, n’ira pas jusque-là, mais en revanche lance un appel à souscriptions pour budgétiser des dates dans un théâtre parisien jaugeant une centaine de placesBudget prévisionnel estimé idéalement à 1600€ pour une représentation (coût professionnel du plateau artistique et frais fixes dont droits d’auteurs). Souscriptions orientées en direction de tous ceux qui aiment l’oeuvre théâtrale de Montherlant ou qui souhaitent que puisse vivre “un autre théâtre” que le théâtre surabondamment proposé aux spectateurs de la capitale et d’ailleurs!

Créer un réseau de sympathisants et souscripteurs pour budgétiser le projet…

Objectif: la programmation du spectacle (créé fin 2008) de la Compagnie GérardF   “Fils de personne” de Henry de Montherlant, durant une à six semaines dans la capitale… La compagnie GF a une structure associative qui l’autorise à recevoir des “dons manuels” (c’est le terme juridique) pour réaliser son “objet”, c’est-à-dire la production et la diffusion de spectacles de théâtre professionnels (ce qui veut dire: choix d’une distribution de comédiens intermittents du spectacle et régulièrement rémunérés au cachet - et non “à la recette”). Il ne s’agit pas d’engranger des bénéfices pour les redistribuer aux sociétaires mais de financer les créations et leur diffusion tout en donnant du travail à des professionnels du spectacle vivant - et aussi en formant de jeunes apprentis comédiens. 

Une forme de mécénat accessible aux particuliers…  

La démarche ne peut aboutir à des résultats concrets que si elle touche un grand nombre de personnes! Jugez vous-même: pour garantir les frais fixes d’une soirée, il faut 54 souscripteurs à 30€ (montant de la souscription minimale demandée). Chaque souscription peut dépasser ce montant de base et il n’y a pas de plafond! Une place à tarif normal sera réservée au souscripteur qui en fera la demande au moment des réservations. Pour souscrire, il faut se rendre sur le site de la Compagnie à la page “dates boutique”:  http://compagnie.gerard.f.free.fr/index.php 

GEORGES

Où voulez-vous en venir ?

MARIE

Parfois je me demande si… s’il ne vaudrait pas autant que, moi et Gillou…

GEORGES

Vous rentriez à Paris  : c’est cela, n’est-ce pas ? La scission. Gillou à Paris, et moi ici, et cela durant des années peut-être, puisque, comme prisonnier évadé, il m’est impossible de rentrer en zone occupée avant la fin de la guerre. Et ce serait pour cela, tout ce que j’ai fait, dit, souffert, rêvé, espéré, combiné depuis quatre mois. Ou depuis deux ans. Voilà donc ce que je suis pour lui, pour vous, après ces deux ans de mon affection et de ma sollicitude sans reproche. Ecoutez, marie, vous me stupéfiez. Et vous me consternez. Est-ce un projet, ou une simple lubie ?

MARIE

Mettons un désir. Mais raisonnable, je crois.

GEORGES

Et le petit, vous lui avez parlé de ce désir ?

MARIE

Oui, comme ça…

GEORGES

Et qu’est-ce qu’il en dit ?

MARIE

Vous savez comment sont les gosses. Il dit tantôt ceci, tantôt cela. Au fond, ça lui est égal. (Bruits de serrures vers la porte d’entrée, et de cette porte qui s’ouvre) Le voici. 

(Acte II - scène I) 

Une page Facebook a été créée  pour faire circuler l’info et drainer des “fans”… http://www.facebook.com/pages/Pour-que-Gillou-Sandoval-monte-a-Paris/174170299292467

Le théâtrede montherlant à Paris... Souscriptions pour Fils de personne

Pour que Gillou Sandoval

monte à Paris!



IL EST AUSSI DIFFICILE 
pour une petite compagnie théâtrale de province de se produire à paris “capitale des arts et de la culture” (et aussi des monopoles et des nantis du spectacle vivant) qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille (sic un auteur mondialement connu et tombé dans le domaine public)! Des initiatives novatrices et atypiques se développent ici et là (plutôt là qu’ici), telle que, par exemple, “la coproduction par souscription” qui consiste à “intéresser” des particuliers au montage et à la diffusion (et à la réussite éventuelle) d’un spectacle théâtral… Pas bête! 

La petite (et inconnue) compagnie théâtrale que j’ai l’immense bonheur de diriger artistiquement, non subventionnée en ce début 2011, n’ira pas jusque-là, mais en revanche lance un appel à souscriptions pour budgétiser des dates dans un théâtre parisien jaugeant une centaine de placesBudget prévisionnel estimé idéalement à 1600€ pour une représentation (coût professionnel du plateau artistique et frais fixes dont droits d’auteurs). Souscriptions orientées en direction de tous ceux qui aiment l’oeuvre théâtrale de Montherlant ou qui souhaitent que puisse vivre “un autre théâtre” que le théâtre surabondamment proposé aux spectateurs de la capitale et d’ailleurs!

Créer un réseau de sympathisants et souscripteurs pour budgétiser le projet…

Objectif: la programmation du spectacle (créé fin 2008) de la Compagnie GérardF   “Fils de personne” de Henry de Montherlant, durant une à six semaines dans la capitale… La compagnie GF a une structure associative qui l’autorise à recevoir des “dons manuels” (c’est le terme juridique) pour réaliser son “objet”, c’est-à-dire la production et la diffusion de spectacles de théâtre professionnels (ce qui veut dire: choix d’une distribution de comédiens intermittents du spectacle et régulièrement rémunérés au cachet - et non “à la recette”). Il ne s’agit pas d’engranger des bénéfices pour les redistribuer aux sociétaires mais de financer les créations et leur diffusion tout en donnant du travail à des professionnels du spectacle vivant - et aussi en formant de jeunes apprentis comédiens. 

Une forme de mécénat accessible aux particuliers…  

La démarche ne peut aboutir à des résultats concrets que si elle touche un grand nombre de personnes! Jugez vous-même: pour garantir les frais fixes d’une soirée, il faut 54 souscripteurs à 30€ (montant de la souscription minimale demandée). Chaque souscription peut dépasser ce montant de base et il n’y a pas de plafond! Une place à tarif normal sera réservée au souscripteur qui en fera la demande au moment des réservations. Pour souscrire, il faut se rendre sur le site de la Compagnie à la page “dates boutique”:  http://compagnie.gerard.f.free.fr/index.php 

GEORGES

Où voulez-vous en venir ?

MARIE

Parfois je me demande si… s’il ne vaudrait pas autant que, moi et Gillou…

GEORGES

Vous rentriez à Paris  : c’est cela, n’est-ce pas ? La scission. Gillou à Paris, et moi ici, et cela durant des années peut-être, puisque, comme prisonnier évadé, il m’est impossible de rentrer en zone occupée avant la fin de la guerre. Et ce serait pour cela, tout ce que j’ai fait, dit, souffert, rêvé, espéré, combiné depuis quatre mois. Ou depuis deux ans. Voilà donc ce que je suis pour lui, pour vous, après ces deux ans de mon affection et de ma sollicitude sans reproche. Ecoutez, marie, vous me stupéfiez. Et vous me consternez. Est-ce un projet, ou une simple lubie ?

MARIE

Mettons un désir. Mais raisonnable, je crois.

GEORGES

Et le petit, vous lui avez parlé de ce désir ?

MARIE

Oui, comme ça…

GEORGES

Et qu’est-ce qu’il en dit ?

MARIE

Vous savez comment sont les gosses. Il dit tantôt ceci, tantôt cela. Au fond, ça lui est égal. (Bruits de serrures vers la porte d’entrée, et de cette porte qui s’ouvre) Le voici. 

(Acte II - scène I) 

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Souscriptions ouvertes pour le théâtre de Montherlant à Paris avec Fils de personne...

Pour que Gillou Sandoval

monte à Paris!

IL EST AUSSI DIFFICILE pour une petite compagnie théâtrale de province de se produire à paris “capitale des arts et de la culture” (et aussi des monopoles et des nantis du spectacle vivant) qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille (sic un auteur mondialement connu et tombé dans le domaine public)! Des initiatives novatrices et atypiques se développent ici et là (plutôt là qu’ici), telle que, par exemple, “la coproduction par souscription” qui consiste à “intéresser” des particuliers au montage et à la diffusion (et à la réussite éventuelle) d’un spectacle théâtral… Pas bête! 

La petite (et inconnue) compagnie théâtrale que j’ai l’immense bonheur de diriger artistiquement, non subventionnée en ce début 2011, n’ira pas jusque-là, mais en revanche lance un appel à souscriptions pour budgétiser des dates dans un théâtre parisien jaugeant une centaine de placesBudget prévisionnel estimé idéalement à 1600€ pour une représentation (coût professionnel du plateau artistique et frais fixes dont droits d’auteurs). Souscriptions orientées en direction de tous ceux qui aiment l’oeuvre théâtrale de Montherlant ou qui souhaitent que puisse vivre “un autre théâtre” que le théâtre surabondamment proposé aux spectateurs de la capitale et d’ailleurs!

Créer un réseau de sympathisants et souscripteurs pour budgétiser le projet…

Objectif: la programmation du spectacle (créé fin 2008) de la Compagnie GérardF   “Fils de personne” de Henry de Montherlant, durant une à six semaines dans la capitale… La compagnie GF a une structure associative qui l’autorise à recevoir des “dons manuels” (c’est le terme juridique) pour réaliser son “objet”, c’est-à-dire la production et la diffusion de spectacles de théâtre professionnels (ce qui veut dire: choix d’une distribution de comédiens intermittents du spectacle et régulièrement rémunérés au cachet - et non “à la recette”). Il ne s’agit pas d’engranger des bénéfices pour les redistribuer aux sociétaires mais de financer les créations et leur diffusion tout en donnant du travail à des professionnels du spectacle vivant - et aussi en formant de jeunes apprentis comédiens. 

Une forme de mécénat accessible aux particuliers…  

La démarche ne peut aboutir à des résultats concrets que si elle touche un grand nombre de personnes! Jugez vous-même: pour garantir les frais fixes d’une soirée, il faut 54 souscripteurs à 30€ (montant de la souscription minimale demandée). Chaque souscription peut dépasser ce montant de base et il n’y a pas de plafond! Une place à tarif normal sera réservée au souscripteur qui en fera la demande au moment des réservations. Pour souscrire, il faut se rendre sur le site de la Compagnie à la page “dates boutique”:  http://compagnie.gerard.f.free.fr/index.php 

GEORGES

Où voulez-vous en venir ?

MARIE

Parfois je me demande si… s’il ne vaudrait pas autant que, moi et Gillou…

GEORGES

Vous rentriez à Paris  : c’est cela, n’est-ce pas ? La scission. Gillou à Paris, et moi ici, et cela durant des années peut-être, puisque, comme prisonnier évadé, il m’est impossible de rentrer en zone occupée avant la fin de la guerre. Et ce serait pour cela, tout ce que j’ai fait, dit, souffert, rêvé, espéré, combiné depuis quatre mois. Ou depuis deux ans. Voilà donc ce que je suis pour lui, pour vous, après ces deux ans de mon affection et de ma sollicitude sans reproche. Ecoutez, marie, vous me stupéfiez. Et vous me consternez. Est-ce un projet, ou une simple lubie ?

MARIE

Mettons un désir. Mais raisonnable, je crois.

GEORGES

Et le petit, vous lui avez parlé de ce désir ?

MARIE

Oui, comme ça…

GEORGES

Et qu’est-ce qu’il en dit ?

MARIE

Vous savez comment sont les gosses. Il dit tantôt ceci, tantôt cela. Au fond, ça lui est égal. (Bruits de serrures vers la porte d’entrée, et de cette porte qui s’ouvre) Le voici. 

(Acte II - scène I) 

Une page Facebook a été créée  pour faire circuler l’info et drainer des “fans”… http://www.facebook.com/pages/Pour-que-Gillou-Sandoval-monte-a-Paris/174170299292467

jeudi, novembre 18 2010

La Bête du Gévaudan: enfin LE FILM du spectacle de la Compagnie Gérard F!

La BANDE ANNONCE du film est en ligne sur le web!

ENFIN LE FILM du spectacle! 

Monté avec la captation du spectacle éponyme un soir d'été sur une pelouse du massif du Vercors, en représentation publique, avec de nombreux enfants et familles... Adaptation audiovisuelle abondamment illustrée d'images additionnelles, tel un album de conte, pour servir un récit fidèle d'évènements dont l'historicité n'est pas contestée. Les enfants participent très activement en tenant des rôles. Avec des bruitages et une musique originale de qualité. Des dessins d'enfants remarquables de précision enrichissent l'habillage du film. Un film qui fera ... rire de peur en famille! 

La vidéo sur CD (1h16) peut être commandé sur le site de la Cie Gérard F.


jeudi, septembre 9 2010

En été, le “théâtre d’appartement” devient… le théâtre au CAMPING !

En été, le “théâtre d’appartement” devient… le théâtre au CAMPING ! 

avec la Compagnie Gérard F et son école d’acteurs. 

Au camping Les Myrtilles à La Chapelle en Vercors (Drôme), la compagnie Gérard F était au vert!

les 16, 22 juillet et 4 août avec un plateau artistique réduit à deux comédiens (le ‘père’ et ‘l’enfant’) et une mise en scène adaptée aux conditions spécifiques: les scènes avec les autres personnages étant résumées d’une manière vivante…

La pièce atypique de Henry de Montherlant, la plus jouée de son vivant après La reine Morte, quasiment ignorée depuis, a été proposée aux estivants en villégiature sur le massif du Vercors…

À Cannes, durant l’hiver 1940-1941.
‘’Gillou'’, un garçon de 14 ans, fils naturel de'’ Georges'’ et de ‘’Marie'’, vit seul avec sa mère depuis sa naissance. Son père a fait sa connaissance lorsqu’il avait 12 ans (dès lors, il va pourvoir à l’entretien du fils et de la mère)… Quand il en a 14, son géniteur, avocat aisé mais homme fragilisé par une année de camp de prisonnier de guerre - dont il s’est évadé - (nous sommes en 1941), lui rend régulièrement visite. Progressivement, Georges se rend compte que son fils est un médiocre, totalement à l’opposé de l’enfant dont il voudrait être père. Lorsqu’une décision essentielle doit être prise, pouvant avoir des conséquences dramatiques pour le garçon, le géniteur doit choisir entre son amour paternel et son orgueil blessé… Quant à la mère, également plus désireuse de satisfaire ses préoccupations personnelles (une passion amoureuse), elle va, elle aussi, devoir choisir entre son fils et son amant.


Un spectacle familial  avec l’école d’acteurs de la Compagnie. Le public a unanimement apprécié: des enfants de 7 et 8 ans ont même proclamé tout haut leur enthousiasme! Comme quoi, le théâtre dit "littéraire" ne leur est pas inaccessible!

La Bête du Gévaudan superstar!

La VRAIE histoire est bien plus passionnante que la fiction!

C’est ce qui est écrit sur l’affiche et c’est aussi l’avis du public de cet été, chaque semaine plus nombreux à assister à la représentation du spectacle de la Cie Gérard F, en soirée, sur la pelouse et sous les étoiles, dans un camping du massif du Vercors. Présenté avec le label ’spectacle familial’, il s’agit en effet d’un spectacle ‘jeune public’ pour les 4/5 à… 77 ans! Près de 15 ans de succés pour cette mise en scène interactive de la fameuse affaire qui secoua le royaume de France, sous le règne du Roi Louis XV. Les enfants aiment avoir peur avec des histoires réalistes et les adultes sont captivés par les énigmes de cette veine, dont les évènements authentiques sont autrement plus palpitants que les fantaisies de certaines cinématographies à la sauce hollywoodienne! Le secret de cette réussite unanimement saluée par les spectateurs de tous âges réside dans le fait que le récit est un savant mélange de rigueur historique et d’humour à vif, de suspens et de recul nécessaire pour se divertir de faits divers pourtant tout aussi atroces qu’incroyables… Les tableaux sont hauts en couleurs (avec un rouge sang qui ne les épargnent pas), liés les uns aux autres par un fil narratif sans faille, où les anecdotes objectivement amusantes se disputent aux évènements terrifiants et mystérieux.

Magie du théâtre narratif bien élaboré, conséquence heureuse de l’interactivité avec les jeunes spectateurs (tour à tour paysans, dragons du Roi, bête ou victimes)… Une occasion rêvée pour “jouer au loup” avec une bête qui, justement, n’en est pas un!

 Au fait, les contes les plus ‘classiques’ et les plus populaires ne sont-ils pas inspirés de faits divers aussi sanglants que révoltants (Barbe Bleue que l’on attribue aux crimes de Gilles de Rais, ou Le Petit Poucet et bien d’autres histoires horribles que l’on raconte aux petits avant qu’ils s’endorment!) Mettre en scène les drames d’autrefois nourrit l’imaginaire en exorcisant les peurs basiques; contrairement à l’étalage des atrocités et catastrophes hypermédiatisées dont les télés nous abreuvent, ces épouvantails de théâtre provoques des émotions inoffensives - en trois dimensions!

 Avantage du théâtre!



samedi, mai 8 2010

Réveil des consciences… (à propos de la Journée de la déportation)

REVEIL DES CONSCIENCES…

Avec la Journée de la déportation, le dimanche 25 avril, le bon peuple français, descendant des gaulois (?), avait l’occasion de se regarder dans un miroir et de se dire: “Si j’avais vécu à cette époque, qu’aurais-je fait?”

 

Plus que jamais - ou comme toujours (!) - les populations sont ‘guidées’, canalisées, conditionnées, par des gens (professionnels ‘qui font don de leur personne à la nation’ -sic-)  qui pensent pour eux, décident pour eux, agissent pour eux… Les principes défendus par des minorités agissantes et criantes - bien en sympathie avec les médias -, sont érigées en valeurs nationales, et sont affichées comme l’expression de la volonté du plus grand nombre. Des faits divers exceptionnels, ni plus ni moins nombreux que par le passé, ni plus ni moins révoltants que par le passé,  sont utilisées pour créer de ‘grandes causes’, susciter des peurs, des phobies, des psychoses, sont prétextes à des ‘mesures’ dont on annonces les effets définitifs, des communautés, grandes ou petites, sont pointées du doigt, à la faveur d’évènements anecdotiques hissés en ‘fait de société’… Les vieilles recettes des boucs émissaires ont toujours cours dans les officines politiciennes! Tout est prétexte à justifier plus de rigueur, plus de lois, plus de règlements, plus de surveillance, plus de vidéo-surveillance, plus de fichage, plus de flicage, plus de…

 

Un Fouchet (historique ministre de l’intérieur inventeur de l’infiltration et des méthodes policières ‘modernes’ sous Napo et ses prédecesseurs) serait aux anges, en 2010! Le moralisme de bon aloi nivelle les consciences, pervertit les âmes pures, engendre suspicion et repli sur soi… Le ‘tout sécuritaire’: “Dormez, braves gens! tout est calme dans notre bonne ville franchouillarde!”

 

Une journée de mémoire pour les déportés?  Un seul geste, un seul élan suffirait: se rendre dans une salle où est projeté le film “La rafle” de Jocelyne Bosch, et tout sera dit, la conscience vacillera, la remise en question des certitudes de chacun de nous s’éveillera… On n’écoutera (regardera) plus le JT de 20 heures avec la même complaisance, on n’entendra plus les paroles de bois de nos Politiques cravatés - de tout bord et de tout poil -, avec une oreille soumise…

 

Quand le cinéma fait office de leçon de civisme…il faut le crier sur les toits!

LA RAFLE de R. Bosch : monument d’histoire et leçon de cinéma !

LA RAFLE de Roselyne Bosch : un monument d’histoire et une leçon de cinéma !

CELA FAIT DEUX OU TROIS ANS que je me disais « Si j’étais cinéaste, j’essaierai de réaliser un film sur la rafle du Vel d’Hiv...» Si maintenant j’étais cinéaste, je me dirai «LE film est fait ; il n’y a rien à ajouter!»

A chacun sa mission... Roselyne Bosch a été touchée par la grâce de la Muse du 7ème Art, qui l’a désignée pour mettre en images le terrible épisode de cette histoire de France aux couleurs de sang et de haine... Elle et nul autre ne pouvait faire ce qu’elle a fait. Ce qu’elle vient de donner au cinéma est trop ‘inspiré’, trop parfait, trop ‘définitif’ pour que l’on se risque à un remake du sujet, sans exhiber ce qui ressemblerait, à côté, à un miroir terni et fêlé. La Rafle de Roselyne Bosch a quelque chose d’essentiel et d’inimitable : elle ressuscite des êtres qui ont existé avec une présence, une authenticité, une humanité qui éblouissent l’écran - ce qui est paradoxal puisque les évènements se situent principalement dans un contexte social et des lieux à vomir...

La cinéaste, ancienne journaliste, appréhendait de mettre en images un tel drame, de montrer l’inmontrable, de filmer l’enfer vécu par des familles entières, la violence, les coups, les humiliations subies par les pères, les mères, les enfants...

Les enfants... Roselyne Bosch dit, à propos de l’Holocauste : « C’est la première fois que des adultes s’attaquent spécifiquement à des enfants. avec pour objectif de les anéantir.(...) En fait, c’est une des raisons qui m’ont poussé à faire le film - et à le faire du point de vue des enfants. Mais j’ai longtemps pensé qu’un tel film serait impossible. » (Extrait de l’entretien publié sur le site du film).

Moi aussi, je pensais qu’un tel film serait impossible. J’avais découvert l’horreur de la rafle du Vel d’Hiv dans le film produit par Delon (M. Klein) ; mais la belle histoire de M. Klein, merveilleusement interprétée et mise en images, qui m’avit remué les tripes, et qui avait le mérite de racontait avec force détail l’organisation minutieuse de la rafle,  sous l’égide de la Préfecture de Police, n’était pas celle du Vel d’Hiv. Il n’y était montré qu’une ‘représentation’, plutôt ‘papier glacé’, du rassemblement des raflés au Vel d’Hiv., émouvante mais d’une esthétique trop léchée... Le film de Roselyne Bosch est d’une autre veine. L’efficacité du scénario, la qualité de la photo, du montage, la justesse exceptionnelle des décors - extrêmement réalistes, jusque dans les plus petits accessoires -, le soin apporté à la crédibilité des costumes (usagés et sales quand il le faut), le jeu ‘humain’, très ‘charnel’ des acteurs, adultes et enfants, la bande son remarquable (musique et bruitages), font d’abord entrer le spectateur dans la vie de ces familles modestes, bien vivantes (dans leurs appartements qui auraient tant besoin d’un bon coup de peinture),  nous font partager leurs plaisanteries à deux balles, leur naïveté, leurs angoisses... Des familles comme les autres, avec leurs travers, leurs préoccupations futiles. Des papas, des mamans, des frères et soeurs qui se disputent et se chérissent.

Puis vient l’heure de la rafle.

L’horreur frappe, aux portes des juifs parisiens..., mais elle s’invite également dans la salle de cinéma. Le spectateur est ‘pris’ lui aussi, saisi parmi la foule terrorisée, effarée, incrédule... Les cris, les bousculades emplissent la salle. Le spectateur est au milieu des raflés («J’ai demandé à mes trois opérateurs de filmer comme en reportage.»). Puis nous voilà transportés (ou plutôt pénétrant) dans le vel d’Hiv... Un travelling d’anthologie : plan unique d’abord rapproché sur quelques mètres carrés de souffrance et de panique puis un lent recul du regard, pour embrasser enfin la totalité du vélodrome-de l’horreur ; avec la bande son qui vous y plonge irrémédiablement. Retour aux plans rapprochés : on pisse ou on défèque dans les coins. La puanteur de la promiscuité et de l’absence d’hygiène vous prend à la gorge. Les latrines débordent d’excréments. Le sol, les gradins, tout est infect...

Seuls les uniformes des gardiens de la paix et des gendarmes - qui vont griller une cigarette à ‘l’air libre’ le temps d’une pause -, sont impeccables.

Seuls les rires des gamins en culotte courte, qui courent sur le plancher incliné du vélodrome, y font des glissades, jouant avec insouciance, donnent une couleur d’espoir et d’humanité à une humanité qui est condamnée - et qui ne le sait pas encore. Ces hommes, ces femmes qui bavardent, s’interrogent, partagent une maigre pitance, se nourrissant de paroles rassurantes, sont si vrais, si ‘vous-même’ que, déjà, les larmes peuvent vous monter aux yeux... parce que vous savez ce qui les attend...

Roselyne Bosch a voulu faire une ‘fiction’ et non une reconstitution documentaire façon Frédéric Rossif. On sait qu’elle a raison : dans notre société hypermédiatisée et gavée d’images, seule une fiction consistante et bien écrite est capable de toucher le grand public. Choisir un casting prestigieux, confier les premiers rôles d’enfants à deux têtes blondes aux visages d’anges - notamment un petit Nono craquant à souhait -, ce n’est pas de la complaisance : c’est du professionnalisme ! Car ce film, véritable monument du cinéma tout autant que leçon d’histoire, a la signature d’une authentique et grande cinéaste. Les personnages y sont magnifiquement campés, pas clichés du tout, servis par des acteurs dont le talent participe à capturer le spectateur dans cette dramatique aventure inhumaine. Les Reno et Elmaleh, ainsi que les rôles féminins (notamment Mélanie Laurent et Sylvie Testud) ont su troqué leur notoriété contre leur personnage. Ils ne ‘jouent’ pas : ils ‘sont’. Quant aux enfants précités, leur frimousse avenante contribuent à rappeler que les SS et les pétainistes antisémites n’épargnaient pas plus les angelots que les vieillards... D’aucuns crieront « à la complaisance », mais il s’agissait de faire un film ‘lisible’, visible par tous et non pas un document fait que de noirceur et de barbarie. Un vrai scénario doit être une vraie histoire. La cinéaste a su utiliser avec habileté les ‘noeuds’ dramatiques qu’autorisaient les témoignages sur lesquels elle a construit son histoire, entraînant le public dans un récit bien enlevé, sans temps mort, lui permettant de s’attacher à tel ou tel personnage, chacun des spectateurs pouvant s’identifier à tel ou tel. Nous étant familiers, les principaux acteurs adultes facilitent d’autant cette identification - parce qu’on les connaît, parce qu’on les aime.

La direction des enfants acteurs est sans faille : rarement a-t-on vu au cinéma des gamins si vrais, si impliqués. Le jeune Hugo Leverdez ne cabotine pas : il est crédible de bout en bout, ses gestes sont justes, ses regards sont sidérants de vérité et d’à-propos et le petit Nono nous dit ses répliques avec un naturel bouleversant...

Un seul bémol à ma critique : la dernière séquence, illustration superflue d’un épilogue que le seul texte final avec, pour mention complémentaire, les destinées du jeune Joseph (et du petit Nono ?) aurait suffi à livrer. Le ‘fondu au noir’ sur le train d’enfants correspondait davantage au propos du film, car le noir de cette séquence permettait au spectateur d’imaginer la suite avec beaucoup plus d’impact émotionnel. J’ai cru, une seconde, que le film allait finir ainsi...

Montherlant à domicile ! avec Fils de personne...

Fils de personne (Montherlant - 1943), le nouveau spectacle théâtral de la Compagnie Gérard F

réunissant 4 comédiens dont un enfant, peut être présenté en théâtre à domicile (petite salle chez un particulier, une association, ou dans un grand salon...) devant un public familial (à partir de 10 ans). Il peut être joué avec un plateau artistique réduit à deux comédiens (un adulte et un enfant), les scènes occultées étant alors résumées d'une manière vivante...

« Un enfant est sacrifié par son père à une certaine idée que celui-ci se fait de "l'homme" (...), et par sa mère à un certain besoin que celle-ci a de "l'homme" (...): comme dans la dernière strophe de la complainte, c'est le petit mousse qui est dévoré (...)» (note de théâtre de HM)

GEORGES - Alors, c’est vrai, tu veux rentrer à Paris?
GILLOU - Mais non, je ne veux pas! C’est maman qui dit ça!
GEORGES - Enfin, à elle tu dis que tu veux rentrer à Paris, et à moi que tu ne veux pas. Je reconnais là ton petit art et tes innocentes roueries: complice avec moi contre ta mère, complice avec ta mère contre moi.
GILLOU - Moi, Paris ou Cannes, je m’en fiche. A Paris j’ai mes copains, mais ici il y a le soleil. Alors, l’un ou l’autre… (Acte I scène 3)

Détails et galerie photos sur le site http://compagnie.gerard.f.free.fr/index.php

Ce spectacle était présent en Avignon (Festival Off)en juillet 2009
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Les Fausses confidences : Arditti-Marivaux mieux que ça !

LES FAUSSES CONFIDENCES :

Arditti-Marivaux mieux que ça !

Je ne manque pas une occasion, sur ce blog, d’écrire haut et fort à quel point je me délecte à regarder, à entendre, à voir jouer le grandissime acteur qu’est Pierre ARDITTI - sans doute l’un des plus talentueux et charismatiques comédiens français de ces jours…

Je me suis donc placé devant la petite lucarne, ce 30 mars, sur France2, certain d’assister au meilleur d’Arditti, mais soupçonneux quant à la réalité de la magnificence du spectacle en lui-même. Evidemment, la presse, séduite par l’affiche et le prestige de la production, « vendait » complaisamment, en amont, la diffusion de la chaîne publique en nous annonçant le nirväna.

Le spectateur ( = l’audience) n’a pas suivi… Doit-on s’en étonner ?

Si toutefois une part « du marché » s’est aventuré - d’aventure -, sur cette scène là, si cette « part du marché » l’a fait par curiosité, avec ouverture d’esprit, il ne m’étonnerait point qu’elle hésite à réitérer l’expérience.  Pourquoi cela ? Outre que le texte de Marivaux, ou plutôt ses « scénarios », ne sont guère au goût du jour, la scénographie, la mise en scène, le jeu des acteurs n’avaient rien de bien convaincants pour séduire - non pas les spécialistes de l’intelligentsia théâtreuse -, mais le « grand » public, précisément celui que la « chaîne publique » voulait drainer coté « cour » (= faire la « cour »)… Un spectacle qui sacrifiait à la mode contemporaine du dépouillé esthétique dépoussiéré : un décor plus qu’indigent, le vélomoteur et le blouson anachroniques à l’entrée et à la sortie, apparitions-disparitions du maître de cérémonie par la trappe du plancher…, gestes clownesques et grotesques avec des gags à deux balles… bref, tous les poncifs du prétendu genre novateur et déjanté - dont on nous bassine depuis des lustres, avec force subventions et partenariats institutionnels (toujours les mêmes : on ne prêt qu’aux riches) !

On l’aura compris : je n’ai pas aimé ce spectacle.
Dommage (ou heureusement), le grand Arditti, décidément toujours meilleur qu’hier et encore moins meilleur que demain, véritablement transcendé dans son personnage étonnamment « naturaliste », a fait A LUI SEUL le spectacle ! Superbe, étonnant, magique, sublime ! Que ses partenaires qui lui donnaient la réplique étaient fades, à côté ! Un abîme se creusait entre l’ensemble des protagonistes et lui… L’interprétation d’Anouk Grinberg, en femme incertaine, m’a choqué par son artifice, Robert Plagnol jouait en demi-teinte, comme à moitié absent du plateau, etc. Et le directeur d’acteurs dans tout ça?
A-t-il vraiment fait son boulot?
Les costumes et la mise en lumière étaient agréables ; mais ce n’est pas suffisant pour faire un beau spectacle, même si on dispose d’un acteur merveilleux, parfaitement dans son rôle. Quant « au coup de la trappe », je suis désolé mais je n’en avais pas compris le sens - jusqu’à ce que je lise une explication, à posteriori,  sous la plume d’un  critique ” spécialisé”… Je ne suis pas cultivé en théâtre!

Et c’est bien là le mal endémique de notre théâtre contemporain, si encensé par les médias : sans mode d’emploi, il n’y a pas de salut !

Ce n’est pas avec ces « directs » là que l’on va ramener le téléspectateur au théâtre… Au contraire, on les achève d’un coup de poing! Les acclamations enthousiastes du public invité dans la salle, qui ne ménage pas ses ovations, ne sont qu’un leurre.

mercredi, février 17 2010

FILS DE PERSONNE de Montherlant : une nouvelle distribution pour 2010...

FILS DE PERSONNE de Henry de Montherlant par la Compagnie Gérard F fait l'objet d'une nouvelle distribution en 2010 et pour les saisons suivantes...

Gérard Foissotte y est Georges Carrion, Pascale Denizane y incarne Marie Sandoval, les enfants Robin Godard, Thibaut Guillot ou Nathan Viéville seront Gillou en alternance, et Mary Landret y interprètera Paulette, la femme de chambre.

LES CASTINGS "ENFANTS" POUR LE THEÂTRE : ce n'est pas du cinéma !

Mettre des enfants sur un plateau de théâtre nécessite des arrangements spécifiques à leur emploi de jeunes comédiens. Si la pièce doit être jouée sur plusieurs dates successives ou deux fois dans la journée, il faut prévoir l’alternance afin de ne pas dépasser trois représentations par semaine pour le même enfant ou une représentation par jour... De toute façon, même si la pièce n’est pas représentée à de courts intervalles, il convient de préserver la scolarité et la vie familiale de l’enfant. Alors que pour le cinéma, le tournage sera « ramassé » sur une même période, il en va tout autrement dans la vie d’une pièce de théâtre ! C’est pourquoi, dans le théâtre, il est d’usage de distribuer un même rôle à trois, quatre voire six enfants. Il convient donc de former plusieurs apprentis-comédiens, chacun étant la doublure des autres. Après le départ, à la fin de l’été 2009, de l’un de nos deux Gillou, de nouvelles recherches ont été faites, via les sites spécialisés, ciblant de jeunes garçons susceptibles de jouer le rôle sur deux ou trois saisons (il faut donc anticiper leur croissance !).

Les critères ne seront pas tout à fait les mêmes que pour le cinéma... Alors qu’un enfant saura se montrer crédible pour une courte prise sur un plateau de tournage, entrant plus ou moins spontanément dans le jeu requis par le réalisateur, ayant la possibilité de se reprendre aux prises suivantes, il en va tout autrement sur une scène de théâtre, face à un public qui aura payé sa place ! Il faut donc détecter des candidats aptes à restituer les émotions d’un personnage durant toute la représentation... Evidemment, la mémorisation du texte et l’assimilation des déplacements dans l’espace constituent un véritable travail en amont, qui ne peut être accepté sans une sérieuse motivation !

J’ai eu l’immense bonheur de recevoir de nombreuses candidatures pour une pièce de Henry de Montherlant - un auteur pas spécialement connu du jeune public ! Tous ont manifesté un intérêt non feint pour le magnifique personnage imaginé par l’auteur de Fils de personne. Il est vrai que, pour un acteur-enfant, ce rôle est un rôle en or !

Six mois de casting, 43 candidatures, essentiellement issues de la région parisienne, plus de 150 échanges de courriels, puis de longs entretiens téléphoniques préalables avec six candidats présélectionnés ont été suivis de quatre rencontres d’une journée chacune, avec auditions et séances de travail pour quatre d’entre eux. Deux garçons ont dû se désister pour des motifs d’ordre pratique, parmi lesquels l’un des huit jeunes protagonistes principaux du Petit Nicolas, le film de Laurent Tirard et un  Joseph  du Soldat Rose de la comédie à succès de Louis Chedid ! Autant de jeunes talents plein d’enthousiasme et d’avenir artistique... Finalement, le choix s’est arrêté sur deux postulants, dont les profils et la disponibilité répondaient exactement aux critères de sélection. Huit à douze mois de formation et de répétitions sont nécessaires pour aboutir à un jeu de qualité professionnelle. Les enfants n’en restent pas moins des élèves de l’école d’art dramatique de la Compagnie, bénéficiant d’un cours d’acteur personnalisé, adapté à leur tempérament, leur sensibilité et leur disponibilité... Leur intégration à un spectacle où ils donnent la réplique à des comédiens professionnels, dans des conditions de travail professionnelles, constitue pour eux une expérience précieuse et très formatrice, dans le cadre d’une pédagogie particulièrement adaptée au spectacle vivant!

lundi, septembre 28 2009

La vérité sur... la BÊTE DU GEVAUDAN ou quand la vraie histoire est plus passionnante que la fiction !

En 2001, les Loups “du pacte” (Le Pacte des loups) ont envahi les salles obscures pour un obscur récit prétendant narrer l’histoire de la Tueuse du Gévaudan, sous le règne du Roi Louis XV…

Pour autant qu’il me souvienne, les fabriquants de ce film à grand spectacle le présentaient comme une histoire inspirée de la ténébreuse affaire, et n’en niaient pas la transposition fantaisiste concédée au scénario.

Je me réjouissais, à l’époque, que le cinéma s’empare (enfin) de la “dévoreuse” mais craignais le pire, étant passionné du sujet et plutôt “spécialiste” de la chose, puisque je tournais, déjà, depuis 6 ans, avec un spectacle relatant l’affaire…

Et le pire était sur les écrans! Passé les premières vingt minutes de projection, assez en phase avec la vérité historique, le “spectacle” - puisqu’il s’agissait de faire du spectaculaire -, sombrait dans le délire le plus total, les invraisemblances, la déraison, les clichés grossiers, les extravagances… Film bien fait mais film nocif à la compréhension de l’authentique histoire de “la Beste” qui ensanglanta les Etats du Gévaudan, de l’An de grâce 1764 à l’an de grâce 1767!

Or, il se trouve que la VRAIE histoire de la Beste, celle qui est vérifiable sur de nombreux documents officiels ou chroniques d’époque, celle qui est abordée avec rigueur dans la multitude d’ouvrages publiés sur le sujet,  est beuacoupl plus passionnante que les fictions farfelues!

Un VRAI film sur La beste reste à faire!

Ce propos, je le rédige parce que la Compagnie Gérard F propose dans son répertoire un spectacle d’abord “jeune public” mais aussi TOUT public, qui tourne depuis 13 ans et qui respecte tant que faire se peut la vérité historique. Après une représentation en Lozère, en 1996, un historien est venu trouver Gérard Foissotte (conteur-acteur du spectacle) pour lui déclarer spontanément: “Bravo! rien à redire sur votre récit! exact en tout point!” (ce spectateur était sur le point de publier un ouvrage sur la Bête, pour lequel il travaillait depuis deux ans…

L’Affaire de la Beste est si dense en évènements, si riches d’actions, avec une multitude de personnages hauts en couleurs, un mystère et un suspens dignes des meilleurs auteurs du genre, que toute fiction ne peut l’égaler!

ARDITI : théâtre et cinéma...Le petit vieux qui se bonifie !

Avec Le Petit vieux des Batignolles, réalisé par Claude Chabrol, diffusé ce samedi 26 septembre, dans la série “Maupassant“, Pierre Arditi s’est (une fois de plus) transcendé dans le personnage haut en couleurs, surprenant, au charisme remarquable, du commissaire Méchinet…

 

Le Grand Pierre (ou le Grand Larsan - voir le Mystère de  la Chambre jaune) est vraiment aussi fort sur un plateau de tournage que sur les planches de ce cher Edouard VII! Je dirai même plus, actuellement, Arditi est meilleur devant la caméra qu’à la scène! Le fait est que, sur les planches d’Edouard, il nous joue et rejoue de l’Arditi… C’est plaisant mais, à la fin, ça lasse! Au cinéma, Pierre se libère de son personnage “boulevardien”, donnant chair et sang à des êtres plus forts, avec un charisme nouveau, denses en émotion et en humanité…

 

Monsieur Arditi: donnez-nous davantage de cinéma! Acteur de cinéma, vous vous êtes étonnamment bonifié en vieillissant… Toujours du grand cru! Alors qu’au théâtre (chez Edouard), la bouteille Arditi-Murat perd de la saveur,  se dénature, le goût de terroir se diluant dans la routine… A noter que je n’ai pas vu le spectacle “SENTIMENTS PROVISOIRES” actuellement à l’affiche - étant provincial, ce n’est pas facile -, avec Berléand, cette critique ne vaut donc pas pour icelui! Reste qu’à l’écran, même sur le petit, Arditi a une sacré présence!

jeudi, septembre 3 2009

MICHOU-DE-NEUILLY(sa mère)… simple mais efficace !



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Jérémy Denisty : un Charles qui a une carrière devant lui !

Oublié dans ma note sur Neuilly sa mère de mentionner tout le bien que je pense de l’interprétation du petit Jérémy Denisty, excellent second rôle, parfaitement à la hauteur de son jeune partenaire et frère ennemi Samy Seghir

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mardi, septembre 1 2009

MONTHERLANT EN AVIGNON: état des lieux...

MONTHERLANT EN AVIGNON:

Parmi quelque 940 spectacles de la programmation "Off", FILS DE PERSONNE, par la Compagnie Gérard F, était le seul texte du grand dramaturge... Des auteurs "plus tendance" étaient représentés dans plusieurs salles, ainsi que des "valeurs sûres" (sans risques!) et beaucoup de spectacles de "c..."! Nous avons eu bien du mal à réunir quelque 60 personnes payantes (en 6 soirées) et je ne pense pas que le fait que notre salle soit à 10 km de la cité des Papes soit la seule explication! Cela me fait penser à la soirée TV ("La reine Morte") qui a fait "un bide" alors qu'il s'agissait d'un véritable petit chef d'oeuvre de téléfilm, magistralement interprété (notamment par Michel Aumont). Une satisfaction néanmoins: les conversations fort intéressantes que j'ai eues avec des spectateurs que je qualifierai de "cultivés"... où il ressortait que Fils de personne est vraiment un texte sublime et son auteur un écrivain hors pair...

Un baume au coeur!

Pièces de théâtre ou PEEPS-SHOW?

NON! le THEÂTRE, ce n'est pas QUE(ue) cela!

Paris Première diffuse les samedis "du" théâtre (en différé)... A cela, rien à redire sauf que(ue) il ne s'agit que(ue) de pièces dont le sexe - pardon le Texte - descend beaucoup plus bas que le sein - pardon: la ceinture -, Avec "Ma femme...", samedi dernier, on a battu les re-corps de c... textuel! Pièces de théâtre ou PEEPS-SHOW?

Cette critique ne blâme nullement les comédiens (impeccables dans leurs jeux, bien que beaucoup de grimaces et autres gestes ont été par trop vus et revus dans ce genre de pièces); un compliment particulier pour Patrice Laffont, qui réussissait malgré ces excès à garder une (certaine) crédibilité; beaucoup d'agacement par les grimaces de (entre autres) Vannick Le Poulain très 'exercices de style' d'école d'acteurs - chez Florent par exemple -, avec des mimiques très 'téléphonées...'

 Il est vrai que La Reine Morte de HM, récemment, a fait un bide sans précédent sur France2...Ainsi, la programmation Off d'Avignon de cet été, truffée de pièces de c..., n'aurait été que le juste reflet du "théâtre" qui plaît à la France, en ce moment! (sniff)

LA REINE MORTE de Montherlant : du GRAND (télé) cinéma !

LA REINE MORTE de Montherlant :

du GRAND (télé) cinéma !

L’adaptation télévisée de Pierre Boutron*, inédite, diffusée le 19 mai dernier sur France 2,a été un GRAND MOMENT DE CINEMA ! Eh oui ! Montherlant, dramaturge émérite, pointilleux sur la façon dont ces pièces devaient être mises en scène, était, en filigrane, un “scénariste” audio-visuel de génie! Porter à l’écran (qui plus est au petit écran) l’œuvre maîtresse de HM, était une gageure - pour ne pas dire « casse-gueule ». Je l’ai rêvé… Boutron l’a fait ! Et avec quelle maîtrise : respect de la “texture” du texte (!), exploitation habile et esthétique de l’histoire, intégration heureuse de “scènes d’action” (qu’un certain journal a qualifié avec dédain de “cape et d’épée” vulgaire) - si cette Reine Morte était de “la soupe” de “prime-time”, alors, de cette soupe-là, je redemande!

Décors naturels et costumes réalistes - l’auteur aurait apprécié, qui a écrit, dans ses consignes pour La Ville : “Les habits des garçons ne sortent pas de chez le vendeur, comme il est de routine sur la scène. Ils sont fatigués, usagés.” Et encore : “On devrait retrouver au théâtre les gros plans du cinéma.” et: “Presque tout le théâtre - je parle du théâtre représenté car le faux du comédien se superpose au faux de l’auteur - paraît être un succédané de Guignol, auprès du Voleur de Bicyclette ou des Jeux interdits, pour ne citer que des œuvres récentes. Ces œuvres représentent la vie “vraie”, avec ce qu’il faut de tour de main pour la mettre en valeur, et nous montrent que c’est elle qui est admirable.” (1952)

Un Michel Aumont magistral, très “chair”, dans son personnage du Roi Ferrante, être torturé par son orgueil, sa fragilité, ses haines, ses passions, sa prétention, son amour filial… Crédible jusqu’au bout des ongles, le grand acteur - probablement l’un de nos comédiens les plus talentueux  -, a donner sang et vie aux exquises  répliques de Montherlant. Ses partenaires ont été tout aussi remarquables (Gaëlle Bona notamment, dans le rôle-titre), tous à la hauteur de l’œuvre grandiose. Boutron, pour avoir ainsi magnifié par sa réalisation (technique et artistique) l’un des plus beaux textes de HM, mérite la palme d’Or du bon goût et de l’à-propos…, et de la perspicacité.

On nous dit : “ça a été la cata pour la chaîne !” (audimat)… Et alors ? On s’en fous ! France 2 (jusqu’à preuve du contraire) est une chaîne de “service public” ; qu’elle serve donc aux téléspectateurs des émissions de qualité, si “non-tendance” fûssent-elles ! Que la majorité non-silencieuse des consommateurs de petite lucarne ne fût pas sensible à la beauté et à la grandeur qui lui étaient proposées ce soir-là, qui en serait surpris ? Montherlant avait en horreur la médiocrité (comme Ferrante, frère jumeau de Georges Carrion de Fils)…

“Quand j’ouvre ma fenêtre sur le monde, ce qui me fait le plus souffrir, c’est le spectacle de l’indulgence. Partout je la retrouve, en haut, en bas… L’indulgence, ce serpent auquel il faudrait écraser la tête.” (Fils de personne - Acte III, scène III)

CQFD

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